DICTIONNAIRE

DES

SCIENCES .NATURELLES

DANS LEQUEL

ON THAITE MélHODIQrEMENT BES DIFFBRENS ÊXr.ES DE t.A NATURE. C0N5JPKRÉS SOlï EN EUX-MJÎMES, d'aI'RÈs t'it-^AT ACrtJKLDE NOS CONNOISSANCES, SOIT RELATIVEMENT A L^HLllt Qv'l,^ PEUVENT JlETiREa LA MKDEC.NE, L'AGillCLU^TURE, LE COMMERCE EX LES ARTS.

SUIVI D'LTîvE BIOGRAPHIE DES PLUS CÉLÈBRES NATURALISTES.

Plusieurs Professeurs du Jardin du Roi et des principales Ecoles de Paris.

TOME QUARANTE- HUITIÈME.

m

SCA-SERO.

m

F. G. LKvnAuLT, Éditeur, à STRASBOURG,

el rue de la Harpe, N."Pi, à PARIS.

Le Normakt, rue de Seine, N.** 8, à PARIS,

1827.

LIBRARY OF

1685- IQ56

DICTIONNAIRE

DES

SCIENCES NATURELLES.

TOME XLFIII.

SCA = SERQ.

Le nonibre d'exemplaires prescrit par la loi a été dé-' posé. Tous les exemplaires sont rei^étus de la signature de l'éditeur.

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DES

SCIENCES NATURELLES

DANS LEQUEL

ON TRAITE JléTHODIQIJEMENT DES DIFFÉRENS ÊTRES DE. LA NATURE, CONSIDÉRÉS SOIT EN EUX-MÊMES, d'aI'RÈS l'ÉTAT ACTUEL DE PJOS CONNOISSANCES, SOIT RELATIVEMENT A l'uTILITB Qu'en PEUVENT RETIRER LA MEDECINE, l'aGRICULTURE , LE COMMERCE ET LES ARTS.

SUIVI D'UNE BIOGRAPHIE DES PLUS CÉLÈBRES NATURALISTES.

Ouvrage destiné aux médecins, aux agriculteurs, aux commerçans, aux artistes, aux manufacturiers, et à tous ceux qui ont intérêt à connoître les productions de la nature, leurs caractèresgénériques et spéciû(jues, leur lieu natal, leurs propriétés et leurs usages.

PAR

Plusieurs Professeurs du Jardin du Roi , et des principales Ecoles de Paris.

TOME QUARANTE-HUITIÈME.

F. G. Levrault, Editeur, à STRASBOURG,

et rue de la Harpe, N." 8x, à PARIS.

Le Normawt, rue de Seine, N.° 8 , à PARIS.

1 82 7.

Liste des Auteurs par ordre de 3Iaiières.

Physique générale.

M. LACROIX, membre de rAcad.!m;e de Sciences et professeur au Collège d( France. ( L. )

Chimie.

M. CHEVKEUL , Membre de rAcadéœie des sciences, professeur au Collège royal d Cbarlemagne. (Ce.)

Minéralogie et Géologie.

re de l'Académie à la Faaulté des

M. BRONGMART, des Sciences, prof Sciences. ( B. )

M. BROCHANT PE VTI.LIERS, membre de l'Académie des Sciences. ( B. de V.)

M. DEFRANCE, membre de plusieurs Sociétés savantes. ( D. F.)

Piotavique.

M. DESFONTAINES , membre de l'Académie des Sciences. ( Desf. )

M. DE JUSSIEU, membre de l'Académie des Sciences, prof, au Jardin du Roi. (J.)

M. MIRCEL, membre de l'Académie des Sciences , professeur à la Faculté des Sciences. (B. M.)

M. HENRI CASSIM, associé libre de l'Aca- démie des Sciences, membre de la Société philomatique de Paris. (H. Cass. )

M. LEMAN, membre de la Société philo- œatique de Paris. ( Leih. )

M. LOISELEUR DESLONGCHAMPS, Doclenren médecine , membre de plusieurs Sociétés savantes. ( L. D. )

M. MASSEY. ( Mass. )

M. POIRET, membre de plusieurs Sociétés saTantes et littéraires, continuateur de l'Encyclopédie botanique. (Poir.)

I. DE TUSSAC, membre de plusieurs Sociétés savantes, auteur de la Flore des Antilles. (De T.)

Zoologie générale , .Anatomie et Physiologie.

M. G. CUVIER, membre et secrétaire per- pétucl de l'Académie des Sciences, prof.au Jardin du Roi , etc. ( G. C. ou GV. ou C.)

M. FLOURENS. (F.)

Mammifères. M. GEOTFROY SAINT-HILAIRE, membre de l'Académie des Sciences , prof, au Jardin du Roi. ( G. )

Oiseaux.

M. DUMONT DE S.TE CROIX, membre de

plusieurs Sociétés savantes. ( Ch. D.)

Reptiles et Poissons.

M. DELACÉPÈDE, membre de l'Académie des Sciences, prof, au Jardin du Roi. (L.L.)

M. DUMERIL, membre de l'Académie des Sciences , professeur au Jardin du Roi et i l'Ecole de médecine. ( C. D.)

M. CLOQUET, Docteur en médecine. (K.C.) Insectes.

M. DUMÉRIL , membre de l'Académie des

Sciences , l'École de

jrofess

ir au Jardin du Roi et à e. (CD.)

M. W. E. I,EACH , membre de la Société roy, de Londres, Correspond, du Muséum d'his- toire naturelle de France. (W. E. L.)

M. A. G. DESMAREST, membre titulaire de l'Académie royale de médecine, profes- seur il l'école royale vétérinaire d'Alfort, membre correspondant de l'Académie des sciences , etc.

Mollusques , T'ers et Znophj'tes'.

M. DE Br.AIWILLE. membre de l'Académie des sciences, professeur à la Faculté des Sciences. ( Db. B. )

M. TDRPIN, naturaliste, est chargé Je exécution des dessins et de la direction de gravure.

MM. DE HUMBOLDT ei RAMOND donneront quelques articles snr les objets nonveaui qu'ils ont observés dans leurs voyages, ou sur les sujets dont ils se sont plus particulièrement occupés. M. DE CANDOLLE nous a fait la même promesse.

M. PRÉVÔT a donné l'article Océan; M. VALENCIENNES plusieurs articles d'Orni- thologie; M. DESPORTES l'article rigeon domeUirjue , et M. LESSON l'article /"/«wer.

M. F. CUVIER, membre de l'Académie des sciences, est chargé de la direction géné- rale de l'ouvrage, et il coopérera aus articles généraux de loologie et ii l'histoire des mammifères. (F. C.)

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SCIENCES NATURELLES.

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ScABTEUSE; Scahiosa, Linn. (Bot.) Genre de plantes di- cotylédones monopétales, de la famille des dipsacées , Juss. , et de la tétrandrie monogjnie ^ Linn., qui présente les carac- tères suivans : Fleurs agrégées sur un réceptacle commun chargé de paillettes ou de filamens roides, ou nu, et envi- ronnées d'un involucre persistant, composé de folioles dispo- sées sur un ou plusieurs rangs ; calice simple ou double : l'ex- térieur membraneux; l'intérieur à cinq découpures subulées, ou capillaires : corolle monopétale , à quatre ou cinq divisions ; quatre ou cinq étamines à filamens subulés, insérés dans le bas du tube de la corolle, terminés par des anthères oblon- gues ; un ovaire infère , surmonté d'un style filiforme , à stig- mate échancré ; graines solitaires , ovales-oblongues , diverse- ment couronnées par les calices.

Les scabieuses sont des plantes herbacées, à racines le plus ordinairement vivaces , à feuilles opposées, simples ou dé- coupées, et dont les fleurs sont rapprochées plusieurs ensem- ble, en têtes disposées à l'extrémité des tiges ou des rameaux^ On en connoît aujourd'hui plus de cent vingt espèces , ap- partenant presque toutes à l'ancien continent, et dont un grand nombre se trouve en Europe. Beaucoup de ces plantes se ressemblent tellement parle port, que souvent il est diffi- cile de les bien distinguer, au premier coup d'œil , les unes des autres. Cependant , en les considérant avec plus d'at- tention , on ne tarde pas à trouver , dans plusieurs d'entre 48. 1

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elles, des différences très- remarquables. Ainsi, l'involucre commun , dans lequel les fleurs sont réunies , est composé d'ua seul rang ou de plusieurs rangs de folioles : le calice propre est tantôt simple, terminé par plusieurs paillettes ou soies roides , tantôt double: l'extérieur ordinairement mem- braneux, plissé , et l'intérieur divisé profondément en cinq découpures terminées par des soies subulées ou capillaires ; les corolles sont découpées en quatre ou cinq lobes réguliers ou irréguliers, et ces corolles sont toutes égales, ou celles de la circonférence sont plus grandes que celles du centre , et étalées de manière à avoir , en quelque sorte, l'aspect des demi-fleurons des fleurs radiées. Les graines , toujours cou- ronnées parles calices, changent tout-à-fait d'aspect, selon que la forme de ces derniers a été modifiée , comme il a été dit ci-dessus; enfin le réceptacle est garni de paillettes diver- sement conformées, ou il est chargé de poils. Ces difTérences, assez notables pour former les caractères de plusieurs genres, ont engagé des auteurs modernes à diviser les scabieuscs en quatre genres, ainsi que cela avoit déjà été fait par \''aillant , il y a un peu plus de cent ans. L'un de ces quatre nouveaux genres a conservé le nom de Scabiosa, et les trois autres ont repris ceux de Succisa, d'Asterocephalus et de Pterocephalus , que Linné n'avoit point adoptés. D'autres , en modifiant plus ou moins ces quatre genres, n'ont conservé que le nom de Scahiosa , et ont donné aux autres les noms de Cephalaria. Trichera et de Sclerostemma. Nous avons cru qu'il suffisoit d'indiquer ici ces divisions sans les adopter, et nous avons conservé le genre Scabiosa dans son intégrité.

'^ Involucre formé de deux rangs de folioles ; récep- tacle chargé de paillettes ou soies ; corolle qua- drifide ; graine couronnée par un seul rang de paillettes ou de dents. (Scabiosa, Vaill. )

ScABiEUSE DES CHAMPS : Scabiosa ari'cnsis , Linn. , Sp. , i43 ; FI. Dan., t. /447. Sa tige est cylindrique, haute d'un pied et demi à deux pieds, un peu velue, plus ou moins rameuse , garnie de feuilles rarement entières et lancéolées, le plus souvent profondément pinnatifides et presque ailées, avec un

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lobe terminal plus grand que les autres. Ses fleurs sont bleuâ- tres ou rougeàtres , portées sur de longs pédoncules termi- naux, celles de la circonférence étant plus grandes que celles du centre. Les graines sont couronnées par six à huit pail- lettes sétacées. Cette espèce est commune, en France et ail- leurs en Europe , dans les prés secs et sur les bords des champs. La scabieuse des champs est une des espèces les plus ancien- nement connues de ce genre; c'est probablement elle qui a valu à celui-ci le nom de Scahiosa, qui paroît être dérivé de scabies, gale, et qui fut sans doute donné d'abord à l'espèce dont il est ici question , à cause des propriétés antipsoriques qui lui ont été attribuées. Cette plante a aussi été regardée comme dépurative, apéritive, sudorifique et même alexitère; mais depuis assez long-temps elle n'est plus employée sous les trois derniers rapports ; on en a seulement conservé l'usage dans les maladies de la peau. C'est la décoction des feuilles qu'on fait prendre, dans ce cas, ou le suc qu'on peut en ex- primer, lorsqu'elles sont fraîches.

Scabieuse hybride; Scahiosa hjbrida, Ail. , Auct. FI. Ped. , a. Sa racine est grêle, pivotante, annuelle; elle produit une tige cylindrique , un peu velue , haute d'un pied à dix- huit pouces, rameuse, surtout dans sa partie supérieure, garnie, dans l'inférieure , de feuilles pinnatifides-lyrées , lé- gèrement pubescentes , à lobes ovales, crénelés. Les feuilles supérieures sont oblongues-lancéolées, entières ou seulement munies de quelques grandes dents vers leur base ; quelque- fois aussi les feuilles inférieures sont entières , ovales-oblon- gues, seulement crénelées en leurs bords. Les fleurs sont de la même couleur que dans la scabieuse des champs, dispo- sées de même, mais plus petites. La couronne qui termine les graines est velue , divisée en un grand nombre de dents très-courtes. Cette espèce croît dans les champs, en Langue- doc et en Piémont.

Scabieuse des bois ; Scahiosa sylvafica , Linn. , Spec. , 140. Cette espèce est voisine de la scabieuse des champs ; mais elle paroît en différer d'une manière constante , parce que ses tiges sont chargées de poils plus nombreux et roides; parce que ses feuilles sont toujours entières, lancéolées, dentées; parce que les folioles de l'involucre sont ciliées en leurs

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bords et égales à la grandeur des fleurs. Cette espèce croit/ en France et en Allemagne, dans les haies, les bois et les lieux ombragés.

ScAEiEusE AUSTRALE; Scabiosa australis, Wuiff. ex Spreng. , Syst. veget. , i, p. 078. Sa racine est rampante: elle produit une tige redressée , glabre , haute d'un à deux pieds, garnie de feuilles lancéolées , entières ou un peu dentées. Ses fleurs sont bleuâtres ou rougeàtres , toutes composées de corolles égales. L'involucre est beaucoup plus court que les fleurs, et chacune d'elles est accompagnée, à sa base , d'une écaille foliacée, lancéolée-linéaire. Les graines sont glabres, striées, couronnées par un rebord court, inégal, peine denté. Cette espèce croit dans les lieux humides, en Autriche et en Italie»

"^'^ InvolucJ^e formé de folioles imbriquées sur plu- sieurs rangs et se continuant en paillettes sur le réceptacle ; corolle quadrijide ; graine couronnée par un seul rang de paillettes ou de dents. ( Suc- cisA , Vaill. )

ScABiEusE succise: Scuhiosa succisa , Linn. , Spec, 142; F/. Dan. , t. 279. Sa racine est tronquée , comme rongée à son extrémité; elle produit une tige droite, cylindrique, haute d'un à deux pieds, garnie de feuilles, dont les inférieures sont ovales-oblongues , pétiolées , ordinairement glabres ou chargées de quelques poils épars, et les supérieures ovales- lancéolées ou oblongues-lancéolées, souvent dentées. Ses ileurs sont bleues, portées, au sommet des tiges et de deux ou trois rameaux, sur de longs pédoncules; elles ont leurs corolles régulières. Cette espèce est commune, en France et dans d'autres contrées d e l'Europe, dans les bois et les pâturages un peu humides. On la trouve quelquefois à fleurs blanches. La racine de cette plante, qui est comme coupée, tronquée ou rongée, lui a lait donner le nom vulgaire de succise et celui de mors -du -diable (morsus diaboli), parce que , dans des siècles d'ignorance, 011 on lui attribuoit de grandes vertus, on sup- posoit en même temps que cette racine n'étoit rongée, ainsi qu'elle le paroit , que parce que le diable , ennemi de l'homme *^t envieux du bien que celui-ci pouvoit en retirer pour la gué-

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rison de plusieurs maladies, la mordoit et la rongeoit ainsi, afin de la faire périr, et de priver par les malheureux mortels de son secours. Aujourd'hui, qu'on ne croit plus à ces contes ridicules, la scabieuse succise a beaucoup perdu de la réputation qu'elle avoit comme antidote, et on ne l'emploie plus guère que contre les maladies de la peau. C'est assez généralement la décoction des feuilles fraîches ou sèches que l'on prescrit aux malades.

Scabieuse de Syrie; Scabiosa sjriaca , Linn. , Sp,, 141. Sa racine est annuelle; elle produitune tigedroite, roide, haute de deux à trois pieds, un peu hérissée et rude au toucher, divisée, dans sa partie supérieure, en rameaux effilés. Ses feuilles sont oblongues-lancéolées, presque entières ou dentées en scie. Ses fleurs sont bleuâtres, réunies en petites têtes ar- rondies à l'extrémité des rameaux ; elles ont leurs corolles presque égales. Les folioles de Tinvolucre et les paillettes du réceptacle sont arrondies, blanchâtres, surmontées d'un pointe en forme d'arête. Cette espèce croît en Syrie, dans le Levant, et elle a été trouvée, en France, dans les blés, aux environs ■de Nîmes.

Scabieuse des Alpes; Scahiosa alpina, Linn., Sf,, 141. Ses tiges sont cylindriques, cannelées, fistuleuses, hautes de trois à quatre pieds, médiocrement rameuses dans leur partie sur périeure, garnies de feuilles grandes, péliolées , ailées ou seu- lement pinnatifides, composées de folioles lancéolées , dentées en scie, décurrentes à leur base. Ses fleurs sont d'un blanc jaunâtre, disposées en têtes arrondies, solitaires à l'extré- mité des rameaux et un peu inclinées avant la floraison; leurs corolles sont toutes égales, et les folioles de l'involucre sont Lancéolées, velues. Cette plante croit dans les montagnes du Dauphiîié, delà Provence, et en Suisse, en Italie, etc.

Scabieuse de Tartarie; Scabiosa tatarica, Willd., Spec, 1 , p. 55o. Cette espèce ressemble entièrement à la précédente, si ce n'est qu'elle s'élève encore davantage (ses tiges ont jus- qu'à dix pieds de hauteur), et que les corolles extérieures de ses têtes de fleurs sont beaucoup plus grandes que les inté- rieures. Cette espèce croît naturellement en Tartarie: on I4 cultive au Jardin du Roi, à Paris.

Scabieuse centaurée; Scrtt'josa centauroides , Lam, , Illusl^ ,

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n.° i5]2. Sa tige est droite , cylindrique, glabre ou à peu près, haute de trois à quatre pieds , accompagnée , à sa base, de feuilles entières, et garnie, dans sa longueur, de feuilles profondément pinnatifides, à folioles lancéolées- linéaires , très-entières, déciirrentes à leur base. Ses têtes de fleurs sont presque globuleuses, portées, à l'extrémité delà tige et des rameaux, sur des pédoncules alongés, roides , glabres et un peu quadrangulaires. Les corolles sont jaunâtres, presque égales, et les folioles de l'involucre sont ovales, glabres ou à peu près, et les paillettes du réceptacle lancéolées. Cette plante croit dans les montagnes, en Provence, dans le Midi de l'Europe, et sur le Caucase.

ScABiEUSE A FLEURS BLANCHES ; Scabiosa leucanthu, Linn. , Sp,^ 142. Sa tige est cylindrique, légèrement striée, glabre, haute de deux à trois pii ds , garnie de feuilles pinnatifides, com- posées ordinairement de folioles oblongues, profondément incisées elles-mêmes et comme pinnatifides; quelquefois ces folioles sont moins nombreuses, seulement dentées , et la ter- minale est beaucoup plus grande que les autres. Les fleurs sont blanches, réunies en têtes globuleuses, portées sur de longs pédoncules au sommet de la tige et des rameaux; elles ont les corolles à peu près égales; les écailles de l'involucre et les paillettes du réceptacle ovales, légèrement pubesct ntes. Cette plante croît naturellement dans le Midi de la France et de l'Europe.

"'"''■'*■ Involucrc formé d'un seul rang de folioles; co- rolle qulnquéfide ; graine couronnée par un calice double: l'extérieur scarieux ; l'intérieur à cinq di- visions terminées chacune par une longue soie ou arête. ( Asterocephalus, VailJ. )

ScABiEUSE DE Gramonï; Scubiosa gramontia , Linn. , Sp. , iI\Z. Ses figes sont velues, ainsi que les feuilles, grêles, peu ra- meuses , hautes d'un pied à quinze pouces, garnies inférieu- rement de feuilles ovales-oblongues, pétiolées , et, dans leur partie moyenne et supérieure , de feuilles pinnatifides. Ses fleurs sont bleuâtres ou rougeàtres, portées sur de très-longs pédoncules; leur involucre est beaucoup plus court que les

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corolles. Le calice intérieur est à cinq dents plus courtes que l'extérieur , et non terminées par des soies. Cette espèce croît dans le Midi de la France, de l'Europe, et dans le Nord de l'Afrique.

ScABiEUSE COLOMBAIRE ; ScaliosŒ columbaria , LïTin. , Sp. , i43. Sa tige est cylindrique, presque glabre, haute d'un à deux pieds , rameuse dans le haut , garnie à sa base de feuilles ovales- oblongues , crénelées, légèrement velues; les feuilles moyennes et les supérieures sont pinnatifides, composées de pinnules linéaires, le plus ordinairement entières, quelque- fois elles-mêmes pinnatifides. Ses fleurs sont bleuâtres ou rou- geàtres, terminées et portées sur de longs pédoncules grcles; leur involucre est court. Les graines sont couronnées par le double calice, dont l'intérieur est à cinq arêtes une fois plus longues que le calice extérieur. Cette espèce est commune , en France et dans une grande partie de l'Europe, dans les lieux secs, montueux et sur les bords des bois. ScABiEUSE DES PvRKNÉEs ; Scubiosa pjrenaica, Ail. , FI. Ped. , n,° 5i2, t. 25 , fig. 2 , et t. 26 , fîg. 1. Ses feuilles et ses tiges sont abondamment chargées d'un duvet très-fin, très-serré, qui les rend molles au toucher, et d'une couleur blanchâtre ou grisâtre. Les feuilles inférieures sont ovales - oblongues , crénelées , et les supérieures pinnatifides. Les fleurs sont bleuâtres, et ont, comme dans les deux espèces précédentes, les corolles de la circonférence plus grandes que celles du centre. Dans la graine, les arêtes du calice intérieur sont moitié plus longues que le calice extérieur. Cette espèce croit dans les Alpes et les Pyrénées.

ScABiEUSE NOIR -POURPRE, vulgaircmcut Fleur des veuves ; Scabiosa atropurpurea, Linn., Spec, 144. Sa racine, annuelle ou bisannuelle, produit une tige droite, cylindrique, haute d'un pied et demi à deux pieds, garnie inférieurement de feuilles ovales- oblongues , glabres, dentées en leurs bords, et, dans sa partie supérieure, de feuilles pinnatifides, à di- visions linéaires. Ses fleurs sont d'un pourpre foncé , noirâ- tres , quelquefois blanches . portées sur de longs pédoncules au sommet des tiges et des rameaux; elles ont les corolles de la circonférence très-inégales et beaucoup plus grandes que celles du centre. Leur involucre est un peu plus court que

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les fleurs, composé de folioles ovales-lancéolées , un peu dis- posées sur deux rangs. Cette plante passe pour être originaire de rinde : on la cultive dans les jardins, elle se multiplie quelquefois spontanément.

ScABiEusE DU Caucase ; Scahiosa caucasica, Marsch. , Flor. Caucas. , 1 , pag. 92. Ses tiges sont cylindriques, redressées, pubescentes, ainsi que les feuilles, hautes d'un pied et demi à deux pieds, simples ou divisées en deux à trois rameaux. Ses feuilles sont oblongues-lancéolées , les radicales entières; les supérieures plus ou moins profondément dentées et même pinnatifides. Ses fleurs, solitaires à l'extrémité Je la tige ou des rameaux et sur de longs pédoncules , sont d'un bleu clair; elles ont les corolles de la circonférence beaucoup plus grandes que celles du centre. Les paillettes du réceptacle sont linéaires -lancéolées, plumeuses. Cette plante croit dans l'O- rient et sur le Caucase. C'est une des espèces les plus remar- quables du genre par la grandeur de ses fleurs, qui se succè- dent les unes aux autres pendant deux à trois mois. On la cul- tive en pleine terre.

ScABiEusE graminée; Scahiosa graminifolia , Linn. , 5p., 145. Toutes les parties de cette espèce sont couvertes d'un duvet sftyeux et blanchâtre. Ses tiges sont couchées à leur base, hautes de six pouces à un pied , quelquefois n'ayant qu'un pouce ou deux dans les lieux stériles. Cette tige est garnie, dans sa partie inférieure et moyenne, de feuilles linéaires, très-entières, et terminée par une seule fleur bleuâtre, dans laquelle les fleurettes de la circonférence sont plus grandes que celles du centre. Cette scubieuse croit dans les montagnes du Midi de la France , de l'Europe , et dans le Nord de l'Afrique.

**''^* Involucre simple, polyphylle ^ réceptacle chargé de paillettes ; aigrette composée de poils plumeux, ( Pterocephalus , Vaill. )

ScABiEOSE A DEUX ^TAMINES : Scobiosa diandra , Lagasca ; Pte- rocephalus diandrus, Spreng. , Sjit. veget., 1, p. 583. Sa tige est droite, simple ou peu rameuse, haute de six à dix pou- pes, garnie de feuilles ailées, à pinnules filiformes. Ses fleurs

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forment une petite tête terminale, dont les fleurettes sont à peu près égales , ordinairement quadrifides et à deux étamines. Les folioles de l'involucre sont ovales , acuminées. Cette espèce croît en Espagne et en Portugal.

ScABiEusE A aigrettes; Scabiosa pûpposa , Linn., Spec, p. 146. Ses tiges sont droites, grêles, légèrement pubescentes , peu rameuses, garnies de feuilles ailées, composées de folioles distantes , presque filiformes , trifides à leur sommet. Ses fleurs sont petites, portées sur des pédoncules cotonneux. Les co- rolles sont inégales, à cinq lobes. Cette espèce croît dans le Levant et l'île de Crète.

ScABiEUSE PTÉROCÉPHALE ; Scabiosu ptcrocephala , Linn., Sp., 146. Ses tiges sont un peu ligneuses, couchées, très-basses, garnies de feuilles oblongues, blanchâtres , velues, laciniées en leurs bords. Ses fleurs sont portées sur des pédoncules simples, très-courts, et les corolles sont quinquéfides ; celles delà circonférence à peine plus grandes que celles du centre. Cette espèce croît en Grèce. (L.D.)

SCABIEUSE FAUSSE. {Bot.) Nom vulgaire de la jasione de montagne. (L.D.)

SCABIOSA. (Bot.) Voyez Scabieuse. (Lem.)

SCABRE, Scaher. (Bot.) Muni de petites aspérités rudes au toucher; tels sont, par exemple, le toiirnefortia scahra, Vequisetum hyemale, le rhjnanthus crista galli , les feuilles du xanthium strumarium , le fruit du lithospermum arvense , les graines du ruta graveolens, etc. (Mass.)

SCABRE. ( ErpeY. ) Voyez Rude. (H. C.)

SCABRITA. {Bot.) Linnaeus avoit d'abord donné ce nom au nyctanthes arhor trislis , dans la famille des jasminées. (J.)

SCACK. {Ornith.) Voyez Schach. (Desm.)

SC^VE , Scœs>a. {Entom.) Fabricius a décrit sous ce nom, dans son Système des antliates , pag. 248, sous le n." 67, un genre de diptères de la famille des chétoloxes, et indiqué au- paravant sous le nom de Syrphe. Tels sont ceux du gro- seiller, du poirier sauvage, dont les larves se nourrissent, en effet, de pucerons qui vivent sur ces plantes. Voyez le genre Syrphe. (CD.)

SC^VOLA. {Bot.) Voyez Sévole. (Poir.)

SCx\HAU. {Ornith.) Le nom turc écrit ainsi par Aldro-

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vande , et schahau par Gesner , est celui du balbuzard. (Ch. D.) SCALA. {Conchyi.) Nom latin sous lequel Klein, Ostr.^ p. 52, avoit établi, dès lySS, le genre Scalaire des conchy- liologisfes mo ernes. (De B.)

SCALAIRE. Scalaria. { Malacoz.) Genre de mollusques con- chylifères, établi par M. de Lamarck pour un certain nombre de coquilles , sur la place desquelles les conchyliologistes du dernier siècle ont extrêmement varié : les uns, comme Gual- tieri et de Favannes, en ont fait des tubes ou tuyaux analo- gues aux tubes de serpules , parce que la plus belle et la plus précieuse surtout semble une dentale tordue en spirale, sans que les tours de spire se touchent, et par conséquent sans columelle, partie qui leur paroissoit caractéristique des véri- tables coquilles. D'autres, comme d'Argenville, ont voulu que ce fussent des buccins et des vis; enfin, Linné les rangeoit parmi ses turbos, à cause de la forme de l'ouverture. C'est de ce genre, en effet, que M. de Lamarck les a séparées d'abord , pour les placer parmi ses C3rclostomes , dont il les a bientôt retirées pour constituer un genre distinct. Quoiqu'une espèce au moins soit assez commune sur toutes les côtes d'Europe, l'animal des scalaires n'est pas encore suffisamment connu: no'is ne l'avons jamais vu nous- même, et le peu que nous en savons est tiré de liianchi ( J. Plancus ) et de Muller. Voici comment les caractères de ce genre peuvent être exprimés: Animal spiral; pied court, ovale, inséré sous le col et por- tant sur son dos un opercule corné, mince , grossier et pau- cispiré ; tentacules sétacés , renflés à la base et portant les yeux au sommet de ce renllement ; une trompe ? un long canal au bord antérieur et droit de la cavité respiratrice. Sexes sé- parés; organe excitateur mâle très-grêle. Coquille subturricu- lée, a tours de spire plus ou moins serrés et garnis de côtes longitudinales, interrompues, formées par la conservation des bourrelets successifs de l'ouverture, qui est petite, presque parfaitement ronde , à péristome continu et réfléchi en bour- relet.

Nous ne connoissons que très-incomplétement, avons-nous déjà dit, l'animal de ce genre. Nous voyons seulement, par les figures des auteurs cités, qu'il ne diffère pas beaucoup de celui qui habite les autres coquilles operculées du même

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ordre des cricostomes. Nous trouvons dans une figure d'un ouvrage, non publié, de notre ami M. le docteur Leach , que la trompe, ou mieux probablement le labre est comme lacinié ou divisé en languettts renflées à l'extrémité; mais nous n'osons croire h une disposition aussi anomale. Nous apprenons aussi de Bianchi que ce mollusque laisse échapper de son corps une grande quantité de liqueur, qui teint les doigts et le papier d'une belle couleur pourpre, ce qui lui a fait penser que ce pourroit être un des conchylifères qui fournissoient aux anciens la pourpre dont ils teignoient les étoffes les plus précieuses. Linné et quelques autres auteurs ont adopté cette opinion. (Voyez, pour plus de détails, au mot Pourpre, nous l'avons discutée.)

Les scalaires, comme les turbos, paroissent habiter de pré- férence les bords de la mer se trouvent beaucoup d'an- fractuosités et de rochers. Il en existe, à ce qu'il paroît, dans toutes les mers. M. de Lamarck en caractérise déjà sept espèces vivantes, et il est possible qu'il y en ait davantage; malheureusement on ne connoît que les coquilles, sans dis- tinction de sexes : la plupart ne sont pas figurées, en sorte qu'il est fort difficile de les distinguer d'une manière un peu certaine et fixe. Nous ajouterons que le nombre et la sépa- ration des bourrelets paroissent considérablement varier, à peu près comme dans les harpes.

A. Espèces dont les touis de sph^e sont au moins contigus.

La Scalaire commune : Scalaria communis , de Lamk., vol. 6, 5.* part., pag. 228, n.° 5 ; Turbo clathratus , Linn. , Gmel. , p. 36o5, n.° 63 ; Plancus, Conch. min. nat., tab. 5 , fig. 7,8; vul- gairement la FAUSSE ScALATA. Coquillc f urriculéc , non ombili- quée , avec des côtes un peu épaisses, lisses, subobliques, de couleur blanche ou fauve pâle, quelquefois avec des taches pourpres sur les côtes et sur le fonds.

Des côtes de la Manche , elle est assez commune dans certains endroits de la mer du Nord , et surtout de celles d'Ita- lie , de la mer Adriatique.

M. de Lamarck indique comme une variété de cette espèce une coq"uille figurée, sous le nom de Sc.clathrata, dansi'Ency-

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clopédie méthodique , pi. 461 , fig. 0 , a, b, et qui, plus grosse, plus élevée que celle de la Manche, est aussi plus vivement colorée en rose violacé, avec des taches pourpres sur les côies.

La Scalaire couronnée : 5. coronata, Lamk., l. c. , p. 227 , n." 3: Encycl. méthod., pi. 461 , fig. 5 , a, b. Coquille turri- culée, aiguë au sommet, non ombiliquée, scabriuscule, avec des côtes minces, lamelliformes, un peu iimbriées sur les bords, très- nombreuses, et une sorte de cote transverse cou- ronnant le dernier tour : couleur blanche, ornée de linéoles et de points roux en séries.

M. de Lamarck, dont j'ai traduit exactement la phrase ca- ractéristique de cette espèce, dit que c'est une coquille rare et assez précyeuse, de seize lignes de hauteur et dont il ignore la patrie.

La S. LAMELLEUSE; 5. lamellosa, de Lamk, , loc. cit., n." 2. Co- quille subturriculée, non ombiliquée, lisse, ayec des côtes minces lamelliformes , denticulées, et une sorte de carène transverse sur le dernier tour: couleur fauve ou roussàtre, quelquefois avec des lignes de points décurrens sur le dernier Jour.

Patrie également inconnue ; treize à quatorze lignes de hau- teur. Ce n'est, à ce qu'il me semble, qu'une variété de la S. commune.

La S. AUSTRALE; s. australis, de Lamk., loc. cit., n.° 6. Co- quille tuiriculée , grêle, obtuse au sommet, à suture à peine excavée, avec des côtes lisses, très-droites, tombantes, sur la carène du dernier tour.

Cette espèce, qui n'a qu'un pouce de long, glabre et sans taches, vient des mers de la Nouvelle -Hollande.

La S. VARIQUEUSE : S. varicosa , de Lamk., loc, cit., n.° 4 ; S. Jimbriata , Enc. méth. , pi. 431 , fig. I^, a,b. Coquille turri- culée, non ombiliquée, obtuse au sommet, avec des côtes très-minces, couchées, denticulées, très- nombreuses , entre- mêlées avec des varices ou des côtes plus grosses, alternes et éparses : couleur toute blanche.

Cette espèce, que M. de Lamarck regarde comme parfair tement distincte, a quinze à seize lignes de hauteur. Sa pstrie est inconnue.

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La Scalaire a c6tes rares: S. raricosta, Lamk. , l. c, n." 7; ^raChemn., Conch.,/^, tab. i53, fig. iZ|35 P 143G? Coquille turriculée, ombiliquée , avec de petites côtes longitudinales peu marquées, et des varices costiformes rares, interrom- pues, et serrées dans quelques endroits : couleur blanche.

Patrie inconnue. Longueur, huit lignes.

B. Espèces à fours de spire disjoints et omhiliqués. (Genre AcyoneAj Leach.)

La S. précieuse: S.^recio$a, de Lamk., loc. cit., n.° 1 ; Turbo scalaris , Linn. , Gmel., p. 56o3 , n.° 62 ; Enc. méth., pi. 461 , fig. 1 , a, b, vulgairement le Scalata. Coquille conique, un peu ventrue inférieurement , à sommet obtus, et comme formée par les tours lâches et ne se touchant en aucun sens d'un côwe spiral, garnis d'espace en espace de côtes peu ser- rées et épaisses, blanches, sur un fond fauve pâle.

De l'océan des grandes Indes, d'après M. de Lamarck et la très-grande partie des conchyliologues anciens et modernes. Gmelin ajoute des côtes de Barbarie. Cependant M. Bosc dit que c'est à tort que, pendant long-temps, l'on a cru que cette coquille venoit des grandes Indes et de la Chine, et que l'on sait aujourd'hui qu'elle se trouve dans la Méditerranée, sur la côte de Barbarie; en sorte, ajoute -t-il, qu'on doute même qu'il s'en trouve à Amboine , malgré l'autorité de Rumph et de Valentyn. J'ignore absolument sur quoi est fon- dée cette assertion de M. Bosc; je me bornerai à faire obser- ver que M. Poiret , le seul naturaliste qui jusqu'ici nous ait donné quelque chose d'un peu détaillé sur les animaux et les coquilles de la côte de Barbarie, parle bien de la scalaire commune, turbo scalai^is , de Linné, mais nullement de la fameuse scalata. M. le docteur Leach , dans l'article de ses Mé- langes de zoologie , tom. 2 , p. 79 , dit même qu'il croit qu'il pourroit bien y avoir plusieurs espèces confondues sous le même nom, les individus apportés de la Chine différant de forme et d'épaisseur avec ceux qui proviennent d'Amboine. M. Bosc ajoute que c'est à sa découverte dans la Méditerranée qu'est due la grande diminution du prix de cette coquille, pen- dant long-temps si rare etsi recherchée, surtoutquand elle étoit d'un beau volume et bien conservée. Le fait est qu'on ne trou-

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veroît probablement plus aujourd'hui d'amateur assez riche , ou du moins assez passionné , pour acheter une de ces coquilles, il est vrai, de quatre pouces de longueur, sur trois de diamètre à sa base, une somme de six mille livres, comme le dit Cu- bières, dans son Histoire abrégée des coquillages de mer, p. loi , du plus bel individu qu'il ait jamais vu; mais je doute beaucoup qu'on ait dans une vente, pour douze francs , ce qui coûtoJt cent louis il y a vingt-cinq ans. On en voit encore payer quatre ou cinq cents francs en Angleterre. La diminu- tion du prix de cette coquille tient sans doute à ce que le commerce en a apporté un plus grand nombre dans les col- lections ; mais cela tient surtout à ce que les collections se faisant aujourd'hui, non plus par luxe et pour le seul plaisir des yeux , mais bien pour l'instruction et surtout pour l'étude de la géologie , on a pu la remplacer par une scalaire com- mune, sans que le genre Scalaire fût moins bien représenté; celle-là offrant tous les caractères de la scalaire la plus pré- cieuse. Quoi qu'il en soit, ce nom de scalata lui a été donné par les Italiens, et veut dire dans leur langue escalier.

Je vois dans les auteurs du dernier siècle qu'on trouve les scalatas surtout sur la côte d'Amboine et à Batavia, les femmes les emploient comme pendans d'oreilles ou dans la composition de leurs colliers, et qu'elles les mettent au rang de leurs bijoux les plus précieux. Je ne me rappelle cependant pas que ce fait ait été confirmé par le récit des voyageurs modernes.

On voit dans les collections de véritables scalatas qui ont depuis huit à dix lignes de longueur jusqu'à quatre pouces; mais il paroit que cette taille est extrêmement rare. On cite cependant un individu de la collection de la célèbre Cathe- rine 11, impératrice de Russie, qui étoit encore plus grand. La taille la plus ordinaire est d'un pouce et demi à deux pouces; à deux pouces et demi c'est déjà un volume fort rare. Pour qu'un individu de cette coquille soit beau, il faut qu'il soit un peu translucide, d'un brun clair, comme rosé, avec les coi.es d'un beau blanc mat; que les tours soient bien dis- joints, l'ombilic bien ouvert, et que les bourrelets, surtout celui de l'ouverture , soient bien entiers.

La Scalaire subprécieuse , S. iuhpretiosa. Coquille conique,

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flssez renflée inférîeurement, ombiliquée, à fours assez dîs- joints, pourvue de bourrelets égaux, régulièrement espaces, et plus nombreux que dans la précédente. Couleur toute blanche.

J'ai vu un bel individu de cette espèce dans la collection du prince d'Esling ; quoique ce ne soit peut-être qu'une simple variété de la S. précieuse, elle m'a paru cependant être aussi distincte que foutes les autres espèces établits dans ce genre par M. de Lamarck.

Outre ces espèces de scalaires indiquéespar M. de Lamarck il en est encore d'autres qui me semblent fout aussi distinctes.

La Scalaire principale; S.priiicipalis,Pal]., Spic.zooL, lo, t. 3 , fig. 5 et 6. Coquille conique , à sommet pointu , assez renflée inférieurement, subombiliquée , avec des bourrelets sublamelleux, peu élevés, frès-serrés et très- nombreux.

Cette coquille qui , d'après la figure de Pallas , paroif avoir près de vingt -deux lignes de long, sur huit environ de dia- mètre , ne peut être comparée à la scalaire précieuse, ni à la scalaire commune, ni à aucune de celles que M. de Lamarck a figurées dans l'Encyclopédie méthodique. Gmelin en fait une simple variété de son turbo scalaris. Pallas , qui n'en donne pas de description, se borne à dire qu'elle est blanche, trans- parente, qu'elle vient du cabinet d'un riche amateur de Rot- terdam, A. Gevers, et qu'elle est encore plus rare que le turbo scalaris. J'ai vu dans la collection du prince d'Esling une scalaire que je rapporte à cette espèce.

La S. AMBIGL'Ë : S. ambigua; Turbo ambiguus , Gmel. , p. 56o4 , II." 64. Coquille turriculée , ombiliquée , h tours contigus lisses , avec des côtes deux fois plus nombreuses que dans la scalaire commune : couleur blanche, avec deux ou trois lignes fer- rugineuses sur chaque tour.

De la Méditerranée.

La S. CRÉNELÉE: S. crenuta ; Turho crenatus , Gmel., ihid., n.° 65; Linn., Mus, Lud. Ulr., 65c|, n.° 355. Coquille turri- culée, subcancellée , de neuf lignes de long, à tours conti- gus, à côtes arrondies, çà et effacées et crénelées : couleur toute blanche.

C'est encore une coquille de la Méditerranée, et probable- ment , comme la précédente , une simple variété de la scalaire

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commune. C'est du moins l'opinion d'Olivi pour la scalaire ambiguë.

La Scalaire lactée: S. lactea; Turbo lacteus , Gmel. , ihid. , n." GG ; Ginnani, Adriat., tab. 6 , fig. 35. Très-petite coquille, de la grosseur d'un grain d'orge, d'un blanc de neige, turri- culée, avec des stries nombreuses, longitudinales, au lieu de côtes.

La S. SUBSTRIÉE : S. striatula; Turbo striatulus, Gmel., ibid., n.° 67. Petite coquille, de la grosseur d'un grain d'orge, turri- culée, subcancellée , à tours de spire contigus, garnie de pe- tites stries membraneuses , entremêlées de rugosités convexes et calleuses.

Ces deux dernières espèces , qui viennent l'une et l'autre de la Méditerranée , ne sont sans doute encore que des jeunes âges de la scalaire commune; en effet, Olivi les cite, ainsi que Vambigua, comme se trouvant dans le même sable des bords de l'Adriatique.

Je lis dans le Catalogue des coquilles trouvées sur les côtes du département de la Manche, parM.de Gerville , que cette espèce , qu'il dit microscopique , se trouve à Cherbourg , ainsi que sur les côtes d'Angleterre, d'après la citation qu'il fait de trois des principaux conchyliologues anglois.

La S. PETITE : S. parya ; Turbo parvus , Maton et Rakett , Linn. Soc. Lond., 8, p. 171 , n.° 3i ; Turbo lacteus, Donov. , British Shells, t. go; Fuit., Dors., p. 45 , *. 19 , fig. 4. Petite coquille turriculée, de cinq ou six tours de spire, avec des côtes élevées, distantes.

Des côtes d'Angleterre et du département de la Manche, où, suivant M. de Gerville, elle est très- commune avec le turbo ulvœ.

La S. CONIFÈRE : T. conifera; Turbo coniferus , H. de Gerv. , Catalog. ; Maton et Rakett, loe. cit., p. 173, n." 35; Pult., Dors., pag. 45, t. 19, fig. 6. Coquille très-petite, microsco- pique , turriculée ; tours de spire garnis de côtes contiguës et subpapilleuses vers la suture.

M. de Gerville dit qu'elle se trouve à Quineville, elle est très - rare. 11 paroît qu'elle l'est moins en Angleterre.

On pourra encore distinguer dans ce genre, avec autant de raisons que les précédentes, les espèces suivantes que j'ai

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caractérisées dans la riche collection du prince d'Esling , et dont les dernières passent aux cyclostomes.

La Scalaire élancée, S. turrita. Remarquable parle grand élancement de sa spire, qui a dix -huit lignes de haut sur trois à quatre de large ; elle a du reste beaucoup de rapports avec la S. commune; elle n'est pas ombiliquée ; ses côtes sont peu élevées et assez serrées; sa couleur est toute blanche.

La S. BicRÉNELÉE, S. Vicrcnata. Coquille turriculée , assez renflée inférieurement, sans caréné au dernier tour, garnie de côtes peu marquées, si ce n'est à la suture elles for- ment une double série décurrente de dents ou crénelures. Couleur toute blanche.

La S. ovale , S. Qvcdis. Coquille subturriculée , non ombi- liquée, à côtes peu marquées, si ce n'est vers la suture elles forment une série noduleuse ; ouverture ovale, obli- que, à péristome rebordé, mais peu continu. Couleur toute blanche.

La S. CYCLOSTOME, s. cjclostoma. Coquille courte, à spire peu alongée, ombiliquée, cancellée par des stries décur- rentes et des stries longitudinales, avec quelques bourrelets épars; ouverture fortement marginée. Couleur blanche.

Cette espèce passe évidemment aux cyclostomes. (De B.)

SCALAIRE. {Foss.) Les espèces de ce genre ne se sont jus- qu'à présent présentées à l'état fossile que dans les couches plus nouvelles que la craie. Voici celles que nous connoissons.

Scalaire crépue; Scalaria crispa, Lamk., Ann. du Mus., tom. 8 , pi. 37 , fig. 5. Coquille turriculée , non ombiliquée , à tours despire ventrus et profondément séparés entre eux, à côtes longitudinales nombreuses, rapprochées, tranchan- tes, anguleuses dans la partie supérieure de chaque tour; longueur , dix lignes : fossile de Grignon , département de Seine-et-Oise , et d'Orglandes, département de la Manche. Il paroit que cette espèce est celle à laquelle M. Sowerby a donné le nom de S. acula , et qu'on trouve à Barton en An- gleterre. ( Sow. , Min. coiich., pi. 16, t<A>o lowerjigures.)

Scalaire dépouillée; Scalaria dénudât a , Lamk., loc. cil.,

imême pi., fig. 4. Nous pensons que l'individu dépouillé de

ses côtes, que nous possédons , et qui a servi à établir cette

espèce , dépend de celle qui précède , et que son mauvais état

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de conservaiion l'avoit fait regarder comme constituant une espèce particulière.

Scalaire treillissée ; Scalaria decitssata, Lamk. , ïoc. cit., même pi., fig. 3. Coquille turriculée , non perforée, à tours contigus et arrondis, à côtes longitudinales nombreuses, rapprochées, peu élevées, dans l'intervalle desquelles on aperçoit des stries transverses, petites, mais bien distinctes, qui se croisent avec les côtes et font paraître la coquille élé- gamment treillissée à sa surface : longueur , treize lignes. Fossile deBeynes, près Grignon.

Scalaire monocycle; Scalaria monocjcla, Lamk. , loc. cit., vol. 4, p. 214 , n.° 4. Coquille conique, non perforée , à tours rapprochés et bombés. Elle porte vers la base de son dernier tour une strie élevée et transversale , qui existe également dans le turbo principalis : longueur, dix lignes; fossile de Chau- mont et de Mouchy-le-Châtel , département de l'Oise. M. de I,amarck dit qu'on trouve aussi cette espèce à Grignon. L'es- pèce qu'on trouve à Léognan, à laquelle M. de Basterot a donné le nom de scalaria multilamella , et qu'il a figurée dans son Mémoire géologique des environs de Bordeaux, pi. 1 , fig. 25, paroit être une variété de celle-ci.

Scalaire PLissÉE ; Scalaria plie ata , Lamk., Ann., ilid., n." 5. Coquille turriculée, non perforée, portant des côtes longitu- dinales peu élevées, obtuses , et qui ne semblent que des plis. Fossile de Parnes, département