BULLETIN du MUSÉUM NATIONAL d’HISTOIRE NATURELLE PUBLICATION BIMESTRIELLE zoologie 210 MAI-JUIN 1975 N ’ 300 BULLETIN du MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE 57, rue Cuvier, 75005 Paris Directeur : Pr M. Vachon. Comité directeur : Prs Y. Le Grand, C. Lévi, J. Borst. Rédacteur général : Dr M.-L. Bauchot. Secrétaire de rédaction : M me P. Dupérier. Conseiller pour l’illustration : Dr N. Halle. Le Bulletin du Muséum national d’Histoire naturelle, revue bimestrielle, paraît depuis 1895 et publie des travaux originaux relatifs aux diverses branches de la Science. Les tomes 1 à 34 (1895-1928), constituant la l re série, et les tomes 35 à 42 (1929-1970), constituant la 2 e série, étaient formés de fascicules regroupant des articles divers. A partir de 1971, le Bulletin 3 e série est divisé en six sections (Zoologie — Botanique — Sciences de la Terre —- Sciences de l’Homme — Sciences physico-chimiques — Écologie générale) et les articles paraissent, en principe, par fascicules séparés. S’adresser : — pour les échanges, à la Bibliothèque centrale du Muséum national d’His¬ toire naturelle, 38, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris (C.C.P., Paris 9062-62) ; — pour les abonnements et les achats au numéro, à la Librairie du Muséum 36, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris (C.C.P., Paris 17591-12 — Crédit Lyonnais, agence Y-425) ; — pour tout ce qui concerne la rédaction, au Secrétariat du Bulletin, 57, rue Cuvier, 75005 Paris. Abonnements pour l’année 1975 Abonnement général : France, 440 F ; Étranger, 484 F. Zoologie : France, 340 F ; Étranger, 374 F. Sciences de la Terre : France, 90 F ; Étranger, 99 F. Botanique : France, 70 F ; Étranger, 77 F. Écologie générale : France, 60 F ; Étranger, 66 F. Sciences physico-chimiques : France, 20 F ; Étranger, 22 F. International Standard Serial Number (ISSN) : 0027-4070. BULLETIN DU MUSÉUM NATIONAL D’IUSTOIRE NATURELLE 3 e série, n° 300, mai-juin 1975, Zoologie 210 SOMMAIRE G. Cherbonnier et A. Guille. — Echinodermes récoltés aux îles Kerguelen.... 603 G. Cherbonnier. — Note sur la présence, dans le golfe de Guinée, de l’Holothurie Aspidochirote Stichopus hadionotus Selenka (= St. mandatas Greef). 631 — Sur la présence, à Madagascar, de l’Astérie Mithrodia gigas Mortensen. 639 300, 1 Échinodermes récoltés aux îles Kerguelen par Gustave Ciierbonnier et Alain Guille Résumé. 24 espèces d’Échinodermes littoraux ont été récoltées par P. Grua, en plongée en scaphandre autonome, dans la haie du Morbihan (archipel de Kerguelen). Celles-ci sont réparties en 2 Échinides, 4 Holothurides dont une forme nouvelle, Pseudopsolus macquariensis forma gruai, 14 Astérides et 4 Ophiurides. P'usieurs de ces espèces n’avaient pas été revues depuis leur descrip¬ tion originale, ou étaient inconnues de Kerguelen. Abstract. — 24 Echinoderm species from the littoral were collected by P. Grua, in diving, in bay of Morbihan (Kerguelen archipelago). These species include 2 echinids, 4 holothurians among which a new form, Pseudopsolus macquariensis forma gruai, 14 asterids and 4 ophiurids. Many of them had never been found since they were first described or were unknown from Ker¬ guelen. Les Échinodermes récoltés aux îles Kerguelen par P. Grua, en décembre 1961 et jan¬ vier 1962, comprennent 24 espèces se répartissant en 4 Holothurides, 2 Échinides, 14 Asté¬ rides et 4 Ophiurides, dont on trouvera la liste ci-dessous. La grande majorité de ces espèces a été récoltée en plongée en scaphandre autonome, entre 1 et 15 m de profondeur et à moins de 100 m de la côte ; quelques dragages ont été elfectués par des fonds d’au plus 40 m. La liste des stations et leurs caractéristiques ont été publiées par P. Grua, en 1971, dans le volume n° 30 du Comité national français des Recherches Antarctiques ; elles sont toutes situées dans les parties nord et ouest du golfe du Morbihan, sauf celle proche de Pilot Buchanan, en mer ouverte, à l’entrée sud de la Passe Royale. Les Échinodermes des îles Kerguelen sont essentiellement connus par les travaux de- Verrill (1876), Smith (1876, 1879), Lyman (1882), Sladen (1889) et surtout Koehlek (1917). Ce dernier auteur travaillait sur du matériel rapporté par Rallier du Baty à la suite de son séjour en 1913-1914. Depuis, aucun résultat de nouvelles prospections n’avait été apporté de cette partie du monde, d’où l’intérêt particulier des récoltes de P. Grija. Grâce à l’installation d’une base permanente des Terres Australes et Antarctiques Fran¬ çaises et à l’envoi de nombreux chercheurs, le développement des recherches scientifiques s’est considérablement accru, notamment dans le domaine marin. Ainsi, de nombreux dragages, chalutages et plongées en scaphandre autonome permettront dans un proche avenir de compléter nos connaissances sur la faune des Échinodermes de cette région. En effet, bien des espèces n’avaient pas été retrouvées depuis leur description originale et leur liste s’accroîtra certainement par la découverte de formes nouvelles pour la Science ou pour la région des îles Kerguelen. * Laboratoire de Biologie des Invertébrés marins et Malacologie, Muséum national d’Histoire naturelle, 55, rue de Buf/on, 75005 Paris. 604 GUSTAVE CHERBONNIER ET ALAIN GUILLE Liste des espèces Échinides Echinidae Schizasteridae Holothurides Cucuraariidae Molpadidae Sterechinus diadema (Studer) Abatus cordatus (Verrill) Pseudopsolus macquariensis forma gruai nov. Stereoderma laevigata (Verrill) Trachythyone ekmani (Ludwig et Heding) Eumolpadia violacea (Studer) Astérides Astropectinidae Odontasteridae Ganeriidae Asterinidae Poraniidae Echinasteridae Pterasteridae Coseinasteriinae et Asteriinae Leptychaster kerguelenensis kerguelenensis Smith Odontaster meridionalis (Smith) Acodontaster elongatus elongatus (Sladen) Perknaster fuscus Sladen Asterina frigida Koehler Porania antarctica Smith Rhopiella hirsuta (Koehler) Henricia spinulifera (Smith) Pteraster affinis lebruni Perrier Diplasterias kerguelensis (Koehler) Diplasterias meridionalis (Perrier) Smilasterias scalprifera (Sladen) Anasterias perrieri (Smith) Anasterias rupicola (Verrill) Ophiurides Ophiacanthidae Ophiacantha vivipara Ljungmann Ophiuridae Ophiuroglypha ambigua (Lyman) Ophiuroglypha brevispina (Smith) Ophionotus hexactis (Smith) La première partie de ce travail, sur les Holothurides et Échinides, est due à G. Cher- bonnier, la seconde, sur les Astérides et Ophiurides, à A. Guille. ÉCHINODERMES RÉCOLTES AUX ÎLES KERGUELEN 605 I. HOLOTHURIDES ET ÉCIIINIDES La petite collection d’Holothurides et d’Échinides rapportée par M. Grua renferme des espèces déjà bien connues des îles Kerguelen, certaines étant réputées endémiques, d’autres à vaste répartition géographique dans les eaux subantarctiques. Cependant, une Holothurie appartient à une nouvelle forme d’une espèce littorale connue uniquement jusqu’ici de l’île Macquarie. HOLOTHURIOIDEA Ordre Dendrochirotida Famille Cucumariidae Sous-famille Cucumariinae Pseudopsolus macquariensis forma gruai nov. (PI. I, D ; fig. 1, a-o) Origine : Nord de la pointe du Harem, st. 20 a, prof. 1 m, 29-1-1963, 16 ex. Description Les spécimens se répartissent en deux lots : l’un de huit exemplaires, mesurant de 11 à 19 mm, brun rougeâtre ventralement, un peu plus clairs et parsemés de taches brunes dorsalement ; l’autre, également de huit spécimens, ayant de 3 à 7 mm de long, de couleur uniformément marron clair. Les grands exemplaires ont une forme cylindrique ou en concombre, avec la partie centrale très renflée et la partie anale légèrement amincie (pl. I, D). Le tégument, lisse sur sa moitié antérieure, est fortement plissé transversalement sur sa moitié inférieure ; il est épais ventralement, très mince et translucide dorsalement. Un introvert à parois fines est séparé du corps proprement dit par un profond sillon circulaire. Les podia ventraux sont disposés, sur chaque radius, en deux rangs alternant, plus nombreux et serrés sur le radius ventral médian que sur les radius latéraux ; ils sont très gros, longs, terminés par une ventouse non soutenue par un disque calcaire, et forment une pseudo-sole ne rappelant que de loin la sole ventrale des Psolidae. Il n’existe aucun podion sur la face dorsale, sauf 606 GUSTAVE CHERBONNIER ET ALAIN GUILLE chez deux exemplaires où un petit podion filiforme est situé au milieu du radius droit. Les radius ventraux et dorsaux se terminent tous, antérieurement, soit par un podion situé juste au-dessous du sillon de l’introvert, soit par deux podia disposés de part et d’autre de ce sillon. Dix tentacules marron clair, très touffus, de taille égale. La bouche, terminale, s’ouvre au centre d’un vaste péristome ; elle est suivie d’un estomac globuleux et d’un très gros ÉCHINODERMES RÉCOLTES AUX ÎLES KERGUELEN 607 intestin qui débouche dans un petit cloaque s’ouvrant à l’extérieur par un anus soit termi¬ nal, soit subdorsal, dépourvu de dents. La couronne calcaire, très petite mais bien calcifiée, est faite de cinq radiales et de cinq interradiales triangulaires, celles-ci plus petites que celles- là ; le bord postérieur est simplement onduleux (fig. 1, j). Quatre à cinq vésicules de Poli sont appendues à l'anneau oral, une dans chaque interradius. L'unique petit canal hydro- phore se termine par un madréporite peu ou pas calcifié (fig. 1, o). Muscles rétracteurs très fins s’attachant, vers le milieu du corps, à des muscles longitudinaux larges et minces. Gonades hermaphrodites, formées de quatre à cinq gros tubes mâles, de couleur blanche, et d’une dizaine de tubes très fins, simples et longs, où se trouvent quelques œufs de moins d’un micron de diamètre ; le canal génital s’ouvre entre les deux tentacules dorsaux médians à l’extrémité d’une papille bien développée. Les poumons atteignent presque la longueur du corps; ils sont formés d’un tronc principal où s’échelonnent des touffes rapprochées de 4 à 6 tubes gros et courts. Les petits exemplaires diffèrent des gros échantillons par leur tégument non plissé, les podia ventraux latéraux disposés sur un seul rang, et l’absence totale de podia à proxi¬ mité de l’introvert. La morphologie interne est semblable, sauf que les gonades sont peu ou pas développées. Spiculés : Les spiculés, très nombreux et qui se voient nettement par transparence à travers le tégument dorsal, se composent uniquement de plaques ; celles du tégument ventral sont allongées, à bords dentelés, percées de nombreux trous inégaux et couvertes de nombreuses protubérances (fig. 1, b, e, g) ; d’autres portent, au centre, une sorte d'apo¬ physe, esquisse peut-être d’une flèche (fig. 1, f) ; quelques-unes, bien plus grandes, plus perforées et noduleuses, sont souvent pourvues d’une formation noduleuse située au sommet d’un pédoncule (fig. 1, c) ; quelques plaques sont en voie de formation (fig. 1, h). Les parois des podia renferment des spiculés identiques à ceux du tégument, mais leur ventouse n’est soutenue par aucun disque calcaire, aussi réduit soit-il. Les plaques du tégument dorsal sont généralement plus simples, moins noduleuses (fig. 1, i, k, 1, m, n), bien qu’on rencontre de rares spiculés de la forme c. Les plaques des tentacules, très nombreuses, sont généra¬ lement lisses (fig. 1, d) ; les plus développées portent une sorte de fin polygone central, terminé par une plate-forme subcirculaire (fig. 1, a). Observations Cette nouvelle forme est très proche de Pseudopsolus macquariensis (Dendy) trouvé jusqu’ici, avec certitude, uniquement à Fîle Macquarie : face dorsale sans podia sauf la présence d’un seul à la base de l’introvert ; même répartition des podia ventraux, tenta¬ cules semblables ; morphologie interne identique, gonades hermaphrodites. Mais Ps. macqua¬ riensis n’a de spiculés ni dans les tentacules, ni dans les podia ou dans le tégument ventral ; il n’en existe parfois que quelques unités très dispersées dans le tégument dorsal, et se pré¬ sentent comme des plaques perforées, allongées, lisses ou noduleuses, construites sur le même type que celles de gruai. Les exemplaires décrits par Dendy, Bell, Dawbin, Heding, Ludwig, Moiitensen, ainsi que les 70 exemplaires étudiés par Pawson présentant tous les mêmes caractéristiques, notamment l’absence quasi totale de spiculés ; j’ai considéré 608 GUSTAVE CHERBONNIER ET AI,AIN GUILLE que la présence en abondance de ceux-ci dans toutes les parties du corps de mes spécimens était suilisante pour séparer les exemplaires de l’île Macquarie de ceux des îles Kerguelen. Celles-ci étant distantes de l’île Macquarie de plus de 2500 miles, sans îlots intermédiaires, il est probable que l’on se trouve en présence d’une race écologique évoluant dans des con¬ ditions particulières du milieu. Les remarques faites sur cette forme gruai amènent à modifier ainsi qu’il suit la diag¬ nose du genre PseucLopsolus, telle qu’elle avait été établie par Ludwig. Pseudopsolus Ludwig, 1898 Espèce de petite taille, ayant dix gros tentacules touffus de taille égale. Podia répartis sur les radius ventraux et formant une pseudo-sole. Radius dorsaux sans podia ou n’en ayant chacun qu’un ou deux vers le milieu du corps. Présence, chez les adultes et dans chaque radius, d’un ou de deux gros podia situés au-dessous ou de part et d’autre du sillon sépa¬ rant l’introvert du corps proprement dit. Spiculés très rares ou nombreux, sous forme de plaques lisses ou noduleuses, présents uniquement dans le tégument dorsal ou aussi dans les tentacules, les podia et les téguments ventral et dorsal. Quatre vésicules de Poli. Un canal hydrophore. Hermaphrodites. Espèce-type : Psolus macquarie ns is (Dendy, 1896). Pseudopsolus ferrari Ludwig ne peut, comme le suggère Pawson (1968), être rangé dans ce genre, mais bien plutôt dans le genre Cucumaria. Stereoderma laevigata (Verrill) Synonymie Pentactella laevigata Verrill, 1876 : 68. Pseudocnus laevigatus, Panning, 1963 : 71 ; Pawson, 1968 : 145, fig. 2-11. Stereoderma laevigata, Panning, 1949 : 422 ; Pawson, 1964 : 457. Origine St. 1, 27-X11-1962, nord-est de l'anse du Paelia, 0,50 ni, 1 ex. ; st. 2, 27-XIJ-1962, est de l’îlot Channer, 2 ex. ; st. 6, 3-1-1963, est de la pointe Mulloy, 1 m, 1 ex. ; st. V a, 3-1-1963, mouil¬ lage de Port-aux-Français, 10-15 m, 1 ex. ; st. 8, 7-1-1963, nord de l’îlot Channer, 1 m, 1 ex. ; st. I c, 8-1-1963, sud-ouest mouillage de Port-aux-Français, 25-40 m, sédiment noir, 1 ex. ; st. 10, 9-1-1963, nord de l’îlot Channer, 7 m, 10 ex. ; st. 11, presqu’île après Molloy, 15 m, 1 ex. ; st. 13 a, 13 b, 13 c, 14-1-1963, sud-est de l’île du Chat, 15 m, 13 ex. ; st. 16 a, 16 b, 18-1-1963, nord de l’île Buchanan, 15 m, 2 ex. ; st. 18, 23-1-1963, est de l’île Haute, 1 m, 4 ex. ; st. 20 a, 29-1-1963, pointe du Harem, 1 m, 1 ex. ; 29-1-1903, mouillage de Port-aux-Français, 25 m, 4 ex. Cette espèce, représentée ici par 43 exemplaires, a été fort bien décrite par de nombreux auteurs. Elle est connue des côtes sud-américaines, des îles Falkland, Kerguelen, Marion, Crozet. Sa présence en zone antarctique, signalée par Bell, n’a jamais été confirmée depuis. ÉCIIINODERMES RÉCOLTES AUX ÎLES KERGUELEN 609 Sous-famille Colochirinae Trachythyone ekmani (Ludwig et Heding) Synonymie Cucumaria ( Semperia) ekmani Ludwig et Heding, 1935 : 186, fig. 44-45. Origine St. 1, 31-XII-1962, mouillage de Port-aux-Français, 25 m, sur fond de vase noire, 1 ex. L’unique exemplaire, de couleur blanche, mesure environ 35 mm de long. Il correspond exactement à la description de Ludwig et Heding. Cette espèce est très proche de T. parva Ludwig et on peut se demander s’il ne s’agit pas d’une race écologique de celle-ci. N’ayant, qu’un seul spécimen en ma possession, il ne m’est pas possible de me prononcer. Mais une prospection systématique, actuellement en cours, des côtes et des fonds des Ker¬ guelen, permettra peut-être de résoudre ce problème. Ordre MOLPADIDA Famille Molpadiidae Eumolpadia violacea (Studer) Synonymie Molpadia violacea Studer, 1876 : 454. Eumolpadia violacea, Heding, 1936 : 41, fig. VIII, 7-10 ; pl. V, fig. 10 ; pl. VII, fig. 3 ; pl. VII 1, fig. 4. Origine St. 1, 31-XII-1963, mouillage de Port-aux-Français, 25 m, vase noire, 1 ex. Cette espèce n’a été trouvée jusqu’ici, parfois en abondance, qu’aux îles Kerguelen. 300, 2 610 GUSTAVE CHERBONNIER ET ALAIN GUILLE ECHINOIDEA Ordre CAMARODONTA Sous-ordre Echinina Famille Echinidae Sterechinus diadema (Studer) Synonymie Echinus diadema Studer, 1876 : 456. Sterechinus diadema, Mortensen, 1943 : 102, pl. 13, fîg. 3-4 ; pl. 19, fig. 1-5 ; pl. 20, fîg. 4-5 ; pl. 56, fïg. 1-3. Origine St. 5, 31-XII-1962, nord-ouest de l’île aux Moules, 15 m, 2 ex. ; st. 13 a, 14-1-1963, sud-est de l’île du Chat, 15 m, 1 ex.; st. III a, 29-1-1963, mouillage de Port-aux-Français, 25 m, 2 ex. Des trois exemplaires, deux sont brisés en de nombreux morceaux. Celui en bon état mesure 45 mm de haut et 70 mm de diamètre. Sterechinus diadema, très commun aux îles Kerguelen, existe aussi probablement aux îles Marion, Crozet et Heard. Cette espèce, surtout littorale, peut descendre jusqu’à une profondeur de 600 m. Ordre SPATANGOIDA Famille Schizasteridae Abatus cordatus (Verrill) Synonymie Hemiaster cordatus Verrill, 1876 : 69. Abatus cordatus, Mortensen, 1951 : 257. Origine St. V a, 13-1-1963, Port-aux-Français, dragage sur fonds d’algues par 10-15 m, 3 ex. ; st. V, 8-1-1963, sud-ouest mouillage Port-aux-Français, 2 ex. ; st. 14, 15-1-1963, anse de St-Malo, 1 m, 5 ex. ; st. III a, 23-1-1963, mouillage de Port-aux-Français, sable, vase, roche, 25 m, 2 ex. ; st. 18, 23-1-1963, est de l’île Haute, 1 m, 8 ex. ; st. 20 c et 20 d, 23-1-1963, nord de la pointe du Harem, 4 m, 3 ex. ÉCHINODERMES RÉCOLTES AUX ÎLES KERGUELEN 611 Cette espèce, dont l’aire de répartition semble limitée aux îles Kerguelen, a été souvent décrite et il n’y a pas lieu d’y revenir. Signalons simplement que les 23 spécimens se répar¬ tissent en 16 mâles et 7 femelles ; aucun jeune n’a été trouvé dans les pétales creusés de celles-ci. II. ASTÉRIDES ET OPHIURIDES ASTÉRIDES La collection d’Astérides récoltées par P. Grua lors de ses plongées en scaphandre autonome le long du littoral du golfe du Morbihan est d’un grand intérêt. Elle ne comporte pas moins de 15 espèces alors que Clark (1962) recense seulement 26 espèces d’Etoiles de mer littorales et profondes des côtes de l’archipel de Kerguelen. Ce nombre est donc remar¬ quable si l’on tient compte, par ailleurs, de la faible étendue de la zone prospectée et de, la technique de récolte employée. Parmi ces espèces, deux sont en outre nouvelles pour l’archipel de Kerguelen, Pteraster uffinis lebruni et Smilasterias scalprifera. La récolte de plusieurs autres espèces, parfois pour la première fois depuis leur description ou depuis près de 50 ans, permet d’utiles précisions quant à leur morphologie et leur position systé¬ matique. Famille Astropectinidae Letpychaster kerguelenensis kerguelenensis Smith Synonymie Leptychasler kerguelenensis E. A. Smith, 1876 : 110. Archaster excavatus W. Thomson, 1876 : 72, fig. 10. Leptoptychaster kerguelenensis, E. A. Smith, 1879 : 278, pl. 17, ûg. 2 ; 188, pl. 31, fig. 1-2, pl. 32, fig. 1 ; R. Koehlfr, 1917 : 52, pl. 6, W. P. Sladen, 1889 : 184- fig. 1-2-7-12. Origines St. 5 a, 3-1-1963, dragage fond d’algues, par 10 à 15 m, 1 ex. ; st. 1 c et 5, 8-1-1963, mouillage Port-aux-Français, par 25 à 40 m, 3 ex. ; st. 18, 23-1-1963, est île Haute, par 1 m, 2 ex. ; st. 3 a, 29-1-1963, mouillage du Camp, par 25 m, 1 ex. ; st. 21, 29-1-1963, nord île Channer, par 13 ni, 1 ex. ; st. 22, 31-1-1963, cap Nidder, par 7 m, 5 ex. Les 14 exemplaires sont beige clair à brun clair ; leurs dimensions se répartissent de R = 6 à 51 mm et r = 3 à 13 mm. Ils sont tout à fait conformes à la description originale et surtout à celle, plus précise, de Sladen (1889). Leptychasler kerguelenensis kerguelenensis 612 GUSTAVE CHERBONNIER ET ALAIN GUILLE n’est connue que de deux îles subantarctiques de l’océan Indien, Marion et Kerguelen, où elle semble commune. Koehler (1923) a décrit de la Terre de Feu Leptoptychaster men- dosus, ramenée ensuite au rang de sous-espèce de la précédente. Les deux formes ne se dis¬ tinguent en effet que par des arcs interbrachiaux arrondis chez la forme kerguelenensis , au contraire anguleux chez la forme mendosus. Famille Odontasteridae Odontaster meridionalis (Smith) (PI. I, A-B) Synonymie Astrogonium méridionale E. A. Smith, 1876 : 109. Pentagonaster meridionalis, E. A. Smith, 1879 : 276, pl. 16, fig. 6 a. Gnathaster meridionalis, W. P. Sladen, 1889 : 287-288, pl. 47, fig. 1-2 ; pl. 48, fig. 5-6 ; pl. 49, fig. 11-12. Odontaster elegans R. Koehler, 1912 : 72-77, pl. 7, fig. 5-11. Gnathaster elegans, R. Koehler, 1920 : 227-228, pl. 41, fig. 7-8 ; pl. 71, fig. 4. Epidontaster pentagonalis R. Koehler, 1920 : 235-236, pl. 39, fig. 3-4-8 ; pl. 41, fig. 9-11 ; pl. 71, fig- 3 - Odontaster meridionalis, W. K. Fisher, 1940 : 99-101. Origines St. 4 a, 30-XII-1962, sud-est île du Chat, roches, par 7 m, 1 ex. ; st. 5, 31-XII-1962, nord- ouest île Mussel, vases, par 15 m, 1 ex. Description Les nombreuses confusions survenues dans la reconnaissance de cette espèce, comme l’illustre l’abondante synonymie ci-dessus, nécessitent une description succincte de nos deux exemplaires. Ceux-ci, de couleur beige clair, sont de taille voisine : R = 48 et 50 mm, r = 18 et 20 mm. Les dimensions du disque sont donc importantes, alors que les bras, élargis à leur base, vont en s’amincissant régulièrement. Les faces dorsale et ventrale sont légèrement convexes. La face dorsale est couverte de paxilles très rapprochées les unes des autres et disposées sans ordre sauf sur les bords des bras où l’on peut distinguer des rangées trans¬ versales et 5 à 6 rangées longitudinales. Chaque paxille est constituée d’une tige assez courte portant 8 à 20 piquants d’environ même longueur, légèrement renflés à leur extré¬ mité, et portant de petites dents. Le nombre de piquants par paxille varie suivant la loca¬ lisation de celles-ci : de 12 à 20 et, en moyenne, de 18 au centre du disque, d’une dizaine vers la périphérie de celui-ci, le long des arcs interbrachiaux ; enfin, parfois, de seulement 4 à 5 à l’extrémité des bras. Les plaques squelettiques de la face ventrale sont visibles, portant de 12 à 15 piquants de petite taille vers le centre du disque çt seulement 6 à sa périphérie. Ces piquants sont grêles, faiblement denticulés à l’extrémité. Les plaques margi¬ nales dorsales et ventrales sont bien visibles, les dorsales presque carrées, les ventrales plus ÉCHINODERMES RÉCOLTÉS AUX ÎLES KERGUELEN 613 hautes que larges, débordant un peu du côté dorsal. Elles sont en correspondance et au nombre d’une vingtaine le long de chaque côté d’un bras. Les plaques marginales dorsales portent une soixantaine de piquants d’une longueur voisine de celle des paxilles tandis que les ventrales sont ornées d’une cinquantaine de piquants seulement, un peu plus longs et souvent acuminés. La plaque madréporique, bien visible, est située à nu-distance du centre et du bord du disque. Il n’existe pas de piquants adambulacraires. Les piquants subam- bulacraires sont au nombre de 7 à 8 ; les deux plus internes sont dirigés obliquement vers le sillon ambulacraire, légèrement aplatis et à extrémité arrondie, puis 3 à 4 immédiatement en arrière, d’une longueur voisine mais plus cylindriques, enfin 2 à 3 piquants externes cylindriques, plus courts et qui pourraient se confondre avec les premiers piquants actinaux. L’ensemble de ces piquants subambulacraires est grossièrement aligné en deux rangées. Les mâchoires portent, sur leurs bords libres, 5 à 6 piquants de même longueur que les deux piquants subambulacraires mais plus cylindriques. La forte épine dentaire est entourée en arrière de 2 à 4 paires de piquants internes, la plus externe constituée de piquants forts, légèrement aplatis et pointus. Clark (1962) distingue la couple d’espèces O. meridionalis-O. validus des autres espèces du genre Odontaster, notamment par des plaques marginales invisibles en vue dorsale, et ces deux espèces entre elles par le nombre de piquants portés par les paxilles : de 20 à 30 chez O. meridionalis, une douzaine chez O. validus. Les plaques marginales dorsales de nos deux exemplaires sont très nettes, comme les ont décrites et figurées Smith (1879), Sla- den (1889) et Koehler (1912, 1920). Quant au nombre de piquants par paxille, il varie suivant la localisation de celles-ci sur la face dorsale du disque comme l’ont également souligné certains auteurs, la moyenne au centre du disque étant de 18. L’ensemble des plaques marginales d’O. validus est très dilficile à distinguer et les paxilles centraux de cette espèce portent 12 piquants au maximum. Ces deux espèces sont antarctiques, circumpolaires, entre 0 et 650 m de profondeur. Dans le subantarctique, elles ont été récoltées toutes les deux en Géorgie du sud, O. validus également à l’île Bouvet, O. meridionalis aux îles Marion et Kerguelen. Acodontaster elongatus elongatus (Sladen) Synonymie Gnathaster elongatus W. P. Sladen, 1889 : 288-292, pl. 19, fig. 5-6 ; pl. 48, fig. 1-4 ; pl. 49, fig. 5- 10 . Acodontaster elongatus, A. E. Verrill, 1899 : 204. Origine St. 17, 23-1-1963, sud-est île du Chat par 10 m, 1 ex. Cet unique exemplaire, beige clair, de grande taille (R = 72 mm, r = 29 mm), est parfaitement conforme à la description originale. Cette nouvelle signalisation semble la première depuis la découverte de l’espèce par le « Challenger » aux îles Kerguelen, Marion, Heard et Palmer, entre 91 et 600 m, profondeurs donc nettement plus importantes. Une sous-espèce a été décrite par Koehler (1912) de la région magellane, caractérisée par des bras très courts et une forme pentagonale du corps. 614 GUSTAVE CHERBONNIER ET AL4IN GUILI.E Famille Ganeriidae Perknaster fuscus Sladen (PI. II, J) Synonymie Perknaster fuscus W. P. Sladen, 1889 : 551-552, p). 62, fig. 1 ; pl. 97, fig. 3-4; W. K. Fisher, 1940 : 136-137, pl. 5, fig. 1, pl. 6, fig. 1 ; A. M. Clark, 1962 : 30-31, text-fig. 3 a-e, pl. 1, fig. 4-5. Cribellopsis rallieri R. Koehler, 1917 : 37-40, pl. 5, lig. 6-10. Origines St. 13 a, 14-1-1963, sud-est île du Chat, par 15 m, 1 ex. ; st. 22, 31-1-1963, cap Nidder, par 7 ni, 1 ex. + 4 jeunes. Les deux exemplaires adultes ont les dimensions respectives suivantes : R = 36 et 45 mm, r = 10 et 11 mm ; le plus grand est brun foncé, l’autre beige ; les quatre jeunes ont un grand rayon inférieur à 4 mm. Koehler (1917) a décrit de Kerguelen Cribellopsis rallieri dont Fisher (1940) a mis le genre en synonymie avec Perknaster Sladen, et Clark (1962) l’espèce avec P. fuscus. Koehler justifiait les créations de ce genre et de cette espèce nouvelle par la présence de papules actinales et de deux piquants adambulacraires. Chez nos deux exemplaires adultes, comme dans la description originale, des papules ne sont présentes que sur la face dorsale du disque et des bras ainsi qu’entre les plaques marginales ventrales. Les plaques adambulacraires portent, dans leur grande majorité, trois piquants disposés obliquement. Le premier, interne, décalé par rapport aux deux suivants, est le plus grand, aplati, à l’extré¬ mité élargie et tronquée. Il est suivi de deux piquants subcylindriques de taille décrois¬ sante, à l’extrémité arrondie, ornée d’aspérités. Le piquant le plus externe est parfois dédou¬ blé. A ces différences près, nos exemplaires sont parfaitement conformes à la description de Cribellopsos rallieri et aux remarques de Clark (1962) sur P. fuscus. Ces exemplaires diffèrent cependant entre eux par la forme des piquants adambulacraires. Chez l’exemplaire le plus grand (pl. II, J) le piquant le plus interne est remarquable par son développement, fort, très aplati et élargi à l’extrémité. Il est suivi de deux piquants de taille nettement décroissante. L’exemplaire plus petit possède des piquants adambulacraires plus élancés, dont la taille et la forme sont plus voisines, le piquant interne restant cependant plus aplati et tronqué. L’ensemble de tous les autres caractères morphologiques est semblable et cette différence dans la structure ambulacraire doit sans doute être liée au développement et à la taille des individus. Fisher (1940) a déjà souligné de telles variations à propos de Perknaster antarcticus Koehler qu’il considérait d’ailleurs comme une sous-espèce de P. fuscus, à tort selon Clark (1962). Ce problème semble mériter un nouvel examen attentif d’échantillons de différentes tailles de ces deux formes, provenant de leurs différentes loca ÉCHINODERMES RÉCOLTES AUX ÎLES KERGUELEN 615 lisations connues. Ces deux espèces semblent en effet présenter un certain polymorphisme convergent, faisant douter de la validité de leur séparation. P. fuscus a été récoltée aux îles Kerguelen et Heard entre 45 et 137 m de profondeur ; P. nntarcticus est antarctique, des quadrants Weddell, Victoria et Ross, entre 11 et 457 m. Famille Asterinidae Asterina frigida Koehler Synonymie Asterina frigida R. Koehler, 1917 : 46-48, pl. 6, fîg. 9-11, pl. 7, fîg. 8 ; F. J. Madsen, 1955 : 13 ; A. M. Clark, 1962 : 33. Cycethra verrucosa L. Dôderlein, 1928 : 296. Origines St. 2, 27-X11-1962, est île Channer, par 5 m, 1 ex. ; st. 7, 4-1-1963, nord pointe des Cormo¬ rans, par 5 m, 2 ex. ; st. 12, 12-1-1963, pointe Suzanne, par 1 à 4 m, 1 ex. ; st. 13 a, c, e, 14-1-1963, sud-est île du Chat, par 15 m, 5 ex. ; st. 18, 23-1-1963, est île Haute, par 1 m, 6 ex. ; st. 20, 29-1- 1963, nord pointe du Harem, par 4 m, 10 ex. ; st. 22, 31-1-1963, cap Nidder, par 7 m, 1 ex. Les nombreux exemplaires récoltés, brun clair, sont conformes à la description de Koehler. Le plus grand mesure : R = 22 mm, r = 9 mm. Asterina frigida est une espèce endémique littorale exclusive de l’archipel de Kerguelen, entre 0 et 20 m de profondeur. Famille Poraniidae Porania antarctica Smith (Pl. I, C et E) Synonymie Porania antarctica E. A. Smith, 1876 : 108 ; H. Ludwig, 1903 : 22-24, pl. 2, fig. 18-20 ; 1905 : 51- 53, pl. 6, fig. 1 ; R. Koehler, 1920 : 178-179, pl. 33, fîg. 6-7 ; A. M. Clark, 1962 : 34-36. Porania magellanica W. P. Sladen, 1889 : 363, pl. 59, fig. 5. Porania glaber W. P. Sladen, 1889 : 360-362, pl. 59, fig. 1-2. Porania spiculcita W. P. Sladen, 1889 : 362-363, pl. 59, fîg. 4. Porania armata R. Koehler, 1917 : 43-46, pl. 7, fig. 3-4-7-12. Porania antarctica glabra, W. K. Fisher, 1940 : 155-158. Origines St. 6, 3-1-1963, pointe Molloy, par 1 m, 1 ex. ; st. 13 a, sud-est île du Chat, par 15 m, 3 ex. ; st. 22, 31-1-1963, cap Nidder, par 7 m, 2 ex. Description Les six exemplaires ont les dimensions suivantes (en mm) : 1 : R, 23 ; r, 10 —- 2 : R, 22 ; r, 9 — 3 : R, 17 ; r, 8 — 4 : R, 17 ; r, 7 — 5 : R, 15 ; r, 7 — 6 : R, 13 ; r, 6. 616 GUSTAVE CHERBONNIER ET ALAIN G L ILLE Leur couleur varie du beige très clair au brun acajou, toute la collection ici décrite ayant été conservée à sec après passage à l’alcool. Porania antarctica est sujette à un certain polymorphisme ayant entraîné de nom¬ breuses confusions comme le montre l’importante synonymie ci-dessus. Les variations qu’a relevées Clark (1962) portent sur la présence et le développement des tubercules abactinaux (caractère semblant dépendre de la taille des individus), sur la forme arrondie ou anguleuse du corps, sur le développement des épines marginales et enfin sur la situation des pores génitaux. Koehler (1917) décrit P. armata des îles Kerguelen où il cite également P. antarctica. P. armata est caractérisée par le développement considérable des piquants marginaux et adambulacraires, ces derniers étant au nombre de trois dans la seconde moitié du bras, au lieu de deux proximalement. Clark remarque pourtant que l’holotype de P. antarctica est « very similar » aux types de P. armata. Les exemplaires récoltés par Grua, contrairement à la collection de Rallier du Baty confiée à Koehler, ont des caractères constants conformes à la description de P. armata. Nous pensons cependant avec Clark que les variations présentées par P. antarctica, espèce circumpolaire et eurybathe (de 4 à 2 926 m), ne peuvent justifier la création de formes distinctes, même au plan écologique. Famille Ecihnasteiudae Rhopiella hirsuta (Koehler) (PI. Il, K-L) Synonymie Echinaster spinulifer, W. P. Sladen, 1889 : 555. Echinasler hirsutus R. Koehler, 1920 : 113-115, pl. 12, fig. 9 ; pi. 24, fig. 6-9, pi. 46, fig. 2. Echinaster pterastercides R. Koehler, 1920 : 115-118, pi. 16, fig. 4-5-8, pl. 25, fig. 3-5, pl. 46, fig. 3. Rhopiella koehleri W. K. Fisher, 1930 : 160 ; 1940 : 160-162, pl. 10, lig. 1-2, fig. E 2. Rhopiella hirsuta, A. M. Clark, 1962 : 38-39, text-fig. 4 a, b, e-i, 5 c, pl. 2, fig. 1-2. Origines St. 2, 27-X11-1962, est îlot Channer, par 5 m, 1 ex. ; st. V a, 3-1-1963, dragage fond d’algues, par 10 à 15 m, 1 ex. ; st. 13 a, b, 14-1-1963, sud-est île du Chat, par 15 m, 4 ex. ; st. 16 a, 18-1-1963, nord île Buchanan, par 15 m, 1 ex. ; st. 22, 31-1-1963, cap Nidder, par 7 m, 1 ex. Description Les huit exemplaires, beige clair à brun, sont de petite taille : R, 4 à 15 mm ; r, 1,5 à 4,5 mm. Le disque est réduit, les bras se rejoignant en un angle aigu au contact de celui- ci et allant régulièrement en s’amincissant vers leur extrémité. De nombreux piquants, par groupes de 2 à 10, le plus souvent de 4 à 6, parfois en courtes séries rectilignes, parsè¬ ment la face dorsale. Ces piquants sont quatre fois plus longs que larges, cylindriques dans leur première moitié, puis aplatis et denticulés. Le réseau squelettique est caché par le tégument qui n’enrobe que la base des piquants. Une seule papule est visible dans les mailles du réseau organisé par la disposition des piquants. Ceux-ci ne forment pas de rangées Ion- ÉCHI1NODERMES RÉCOLTES AUX ÎLES KERGUELEN 617 gitudinales nettes sur la face dorsale et les bords des bras. Du côté ventral, ces piquants sont isolés, un peu plus longs et pointus. Les plaques ambulacraires portent un piquant interne, court, fin dans sa première moitié, puis terminé en massue. Il est suivi de 3 à 5 piquants subambulacraires de longueur progressivement décroissante en une série trans¬ versale. Ceux-ci sont eux-mêmes immédiatement suivi d'un ou deux piquants latéraux- ventraux. La mâchoire porte deux dents terminales échinulées et plus massives que les piquants subambulacraires. Clark (1962) distingue trois sous-espèces, Rhopiella hirsuta présentant un grand poly¬ morphisme dans la forme générale du corps, l’ornementation de la face dorsale et le nombre des piquants subambulacraires. C’est en fonction de ce dernier critère que sont séparées R. hirsuta koehleri Fisher (4 piquants subambulacraires), R. hirsuta hirsuta (Koehler) (3 piquants) et R. hirsuta kerguelensis Clark (2 piquants). Cette dernière sous-espèce n’est connue qu’aux îles Kerguelen, à partir de deux exemplaires récoltés dans la Passe Royale, par 51 m de profondeur, par le « Challenger ». Le nombre de piquants subambulacraires des exemplaires en notre possession varie en fonction de la taille de ceux-ci et de leur position le long du sillon ambulacraire. Il nous semble donc impossible de ranger ces échantillons dans une des sous-espèces précédemment citées et, au contraire, leur récolte pose le problème de la validité de celles-ci. Henricia spinulifera (Smith) Synonymie Othilia spinulifera E. A. Smith, 1876 : 107. Echinaster spinulifera, E. A. Smith, 1879 : 274, pl. 16, lig. 4. Cribella simplex v. granulata R. Koehler, 1917 : 35-36, pl. 1, fig. 1, 6, 7, pl. 2, fig. 4, 5. Henricia spinulifera, A. M. Clark, 1962 : 47, text-fig. 5 4, s, pl. 2, fig. 4, 5. Origines Archipel des Kerguelen, date et localisation indéterminées, 2 ex. ; st. 13 a, 14-1-1963, sud- est île du Chat, par 15 m, 2 ex. ; st. 3 a, 29-1-1963, mouillage du Camp, par 25 m, 1 ex. Les quatre exemplaires, beige clair, sont de petite taille : 1 : R, 22 ; r, 5 — 2 : R, 21 ; r, 6 — 3 : R, 17 ; r, 4 — 4 : R, 8 ; r, 2,5. Ils sont parfaitement conformes à la diagnose de Smith (1879), notamment par la ten¬ dance à une organisation linéaire transversale des petits piquants actinaux et marginaux ainsi que des piquants subambulacraires, par l’absence de papules actinales et l’existence d’un fin piquant adambulacraire légèrement recourbé. Henricia spinulifera n’a été récoltée qu’à Kerguelen entre 0 et 90 m de profondeur. Famille Pterasteridae Pteraster affinis lebruni Perrier (Pl. I, F-G) Synonymie Pteraster lebruni E. Perrier, 1891 : 144, pl. 13, fig. 4 a, b ; H. Ludwig, 1903 : 29. pl. 3, fig. 25-28 ; W. K. F[sheh, 1940 : 194-196. 303, 3 618 GUSTAVE CHERBONNIER ET ALAIN GUILLE Pteraster affinis lebruni, A. M. Clark, 1962 : 58-63, text-fig. 10 c-e. Origines St. V a, 3-1-1963, dragage fond d’algues, par 10 à 15 m, 1 ex. ; st. 1 c, 8-1-1963, mouillage Port-aux-Français, par 25 à 40 m, 1 ex. ; st. 13 a, 14-1-1963, sud-est île du Chat, par 15 m, 2 ex. ; st. 21, 29-1-1963, nord île Channer, par 13 m, 1 ex. ; st. 22, 31-1-1963, cap Nidder, par 7 m, 2 ex. Description Les 7 exemplaires, beige clair à brun, ont les dimensions suivantes (en mm) : 1 : R, 32 ; r, 11 — 2 : R, 28 ; r, 9 — 3 : R, 23 ; r, 8 — 4 : R, 23 ; r, 8 — 5 : R, 13 ; r, 6 — 6 : R, 9 ; r, 4 — 7 : R, 8,5 ; r, 4. La face dorsale du disque est nettement convexe, les bras bien individualisés se raccor¬ dent au disque en un angle arrondi. Les paxilles dorsales ont une tige assez courte égale au quart de la longueur des piquants. Ceux-ci sont au nombre de quatre par paxille, nombre pouvant être réduit à trois vers l’extrémité des liras. Ces piquants sont cylindriques, très allongés (de 1,8 à 2,4 mm chez les quatre plus grands exemplaires). Ils percent le tégument aux 3/4 de leur longueur et ont un sommet émoussé. Le tégument contient de nombreux petits spiculés de forme irrégulière mais toujours hérissés d’aspérités. Il est également percé d’oscules dont le diamètre est environ le double de celui des piquants des paxilles. L’armature buccale comprend huit piquants reliés entre eux par une membrane trans¬ parente : deux terminaux longs, cylindriques, encadrés de part et d’autre de trois piquants de taille et de diamètre décroissants. En arrière, deux fortes dents, libres, sont renflées à mi-longueur et pointues à l’extrémité. Les piquants ambulacraires sont au nombre de cinq à six. Le plus interne, parfois absent, est fin et court, le suivant beaucoup plus long, les quatre suivants de longueur presque égale quoique légèrement décroissante. Ces piquants sont reliés entre eux par une membrane transparente et disposés en éventail légèrement oblique. Les piquants ventraux-latéraux sont très allongés, dépassant le diamètre du disque dans les arcs interbrachiaux. Ils semblent être au nombre constant de 37 par arc interbra- chial, reliés entre eux par une membrane de même nature que celle des armatures buccale et ambulacraire. Clark (1962) distingue trois sous-espèces de P. affinis essentiellement en fonction du critère de la longueur des piquants des paxilles dorsales. Aux îles Kerguelen, seule est connue P. affinis affinis Smith caractérisée par des piquants courts, épais et opaques. Koeh- ler (1917) cite cette forme, sans indication précise de localisation, sous deux noms diffé¬ rents : P. affinis et P. brachiatus sp. nov. Fisher (1940) placera cette nouvelle espèce, à tort, en synonymie avec P. lebruni, après avoir observé des exemplaires de Koehler provenant non pas de l’archipel de Kerguelen, mais de l’île Marion. Il s’agissait donc d’un matériel différent. Les deux autres sous-espèces, P. affinis lebruni Perrier et P. affinis acu- leatus Koehler ont été récoltées, la première dans la région magellane et à l’île Marion, la seconde, strictement antarctique, du Kempland, à l’est de la mer de Ross. Elles possèdent toutes deux des piquants dorsaux étroits et cylindriques et se distinguent par une base haute et étroite des paxilles portant quatre piquants, et six à huit piquants dentaires chez P. affinis lebruni, une base plus courte, quatre à six piquants par paxille, 5 piquants den¬ taires chez P. affinis aculeatus. ÉCHINODERMES RÉCOLTES AUX ÎLES KERGUELEN 619 Nous rattachons donc sans hésitation nos sept exemplaires à P. affinis lebruni. Ils correspondent en effet parfaitement aux descriptions de Perrier et Fisher et, aussi, aux caractères distinctifs de cette sous-espèce dans la comparaison détaillée des différentes formes de P. affinis par Clark. Sous-familles Coscinasteriinae et Asteriinae Diplasterias kerguelensis (Koehler) Synonymie Podasterias kerguelensis R. Koehler, 1917 : 24-30, pl. 4, fig. 3-4-12-13-19. Diplasterias kerguelensis, W. K. Fisher, 1930 : 231. Origines St. 13 a, 14-1-1963, sud-est Ile du Chat, par 15 m, 1 ex. La récolte de cette espèce est la première depuis sa description par Koeiiler, d'après deux exemplaires littoraux de plus petite taille (R — 13 et 20 mm) également de l'archipel de Kerguelen. Notre échantillon correspond étroitement à la diagnose originale. De couleur brune, le réseau squelettique blanchâtre sur la face dorsale, ses dimensions sont les suivantes : R = 24 mm, r = 6 mm. Diplasterias meridionalis (Perrier) Synonymie Astarias meridionalis E. Perrier, 1875 : 340. Asterias mollis E. Perrier, 1891 : 7 ; T. Stuber, 1877 : 457. Asterias studeri T. Studer, 1884 : 8-9, pl. 1, fig. 1. Podasterias meridionalis, R. Koehler, 1917 : 20-24, pl. 2, fig. 11-12, pl. 3, fig. 1-2, 4-7, pl. 6, fig. 8, pl. 7, fig. 9. Diplasterias meridionalis, W. K. Fisher, 1940 : 251-252, pl. 21, fig. 4, pl. 22, fig. 1. Origines St. 2, 8, 10, 27-XII-1962, 7 et 9-1-1963, nord îlot Channer, par 1 à 7 m, 4 ex. + 76 jeunes ; st. 5, 31-XII-1962, nord-ouest île Mussel, par 5 à 15 m, vases, 3 ex. ; st. 17, 23-1-1963, sud-est île du Chat, par 10 m, 1 ex. ; st. 3 a, 29-1-1963, mouillage du Camp, par 25 m, 1 ex. Tous les exemplaires récoltés possèdent six bras et sont de couleur brun clair à brun acajou. Parmi les neuf exemplaires adultes, quatre sont de grande taille comme le montrent les mensurations suivantes (en mm) : 1 : R, 197 ; r, 42 — 2 : R, 187 ; r, 53 — 3 : R, 162 ; r, 37 — 4 : R, 137 ; r, 35 — 5 : R, 79 ; r, 15 — 6 : R, 64 ; r, 13 — 7 : R, 63 ; r, 13 — 8 : R, 50 ; r : 11 — 9 : R, 45 ; r, 9. Le diamètre du plus grand rayon des 76 jeunes récoltés dans la station 10, au nord de Pilot Channer, ne dépasse pas 4 mm. Diplasterias meridionalis est connue en Géorgie du sud, aux îles Marion et Kerguelen, 620 GUSTAVE CHERBONNIER ET ALAIN GUILLE entre 0 et 234 m de profondeur. La présente collection montre, comme Koehler l’avait déjà souligné, que cette espèce est beaucoup plus commune aux îles Kerguelen que D. kerguelensis. Smilasterias scalprifera (Sladen) (PI. II, H-I) Synonymie Asterias scalprifera W. P. Sladen, 1889 : 578-579, pl. 100, fig. 4-6, pl. 103, fig. 1-2. Smilasterias scalprifera, W. K. Fisher, 1930 : 239. Origine Kerguelen, date et localisation indéterminées, 1 ex. Description L’unique exemplaire, de couleur beige clair, a les dimensions suivantes : R, 77 mm ; r, 12 mm. Le disque est donc réduit, convexe, les bras, de section plus ou moins triangulaire, sont renflés juste avant leur insertion au disque, les arcs interbrachiaux en angle aigu. Les plaques abactinales portent de nombreux piquants très courts, à sommet arrondi et renflé, hérissé d’aspérités. Ces plaques sont rangées en séries transversales régulières sur les bras. On ne distingue pas de séries longitudinales. Entre les piquants sont dispersés des pédicellaires croisés également nombreux. Une ou deux papules, exceptionnellement trois, sont présentes dans les mailles du réseau squelettique abactinal. Les cinq premières plaques ambulacraires portent deux piquants adambulacraires, allongés, subcylindriques. Ceux-ci sont ensuite au nombre de trois presque jusqu’à l’extré¬ mité du bras. Ils deviennent progressivement aplatis, élargis, tronqués à leur sommet, subégaux, l’interne cependant légèrement plus long et moins élargi. Aux plaques ambula¬ craires font suite, obliquement, à 60° par rapport au sillon ambulacraire et décalées, deux plaques actinales (ou inféromarginales ?). Celles-ci portent des piquants de même type que les piquants ambulacraires mais encore plus élargis, disposés en éventail et un peu plus courts. Ces piquants sont en nombre variable suivant leur position le long du bras. Proximalement, la première plaque porte deux de ces piquants, la suivante trois. Rapide¬ ment ces plaques portent respectivement trois, et quatre à sept piquants, nombres qui diminuent vers l’extrémité du bras où la plaque actinale interne disparaît. Aux piquants adambulacraires et actinaux sont associés de nombreux pédicellaires droits, certains de grande taille situés dans le sillon ambulacraire. Le madréporite est situé au bord du disque, dans un angle interbrachial, difficilement visible, arrondi, de diamètre réduit, entouré d’une rangée très serrée de petits piquants abactinaux. Fisher (1940) et Clark (1962) s’accordent pour caractériser S. scalprifera par rapport aux autres espèces du même genre par la présence de plaques actinales munies de piquants semblables aux piquants adambulacraires, ces derniers étant au nombre de trois ou quatre. Ces plaques actinales seraient présentes sur au moins la moitié de la longueur du bras. Fisher précise que chaque plaque actinale ne porte qu’un piquant et que ceux-ci sont au nombre de quatre à sept suivant leur position le long du bras. Dans sa description ori- ÉCHINODERMES RÉCOLTES AUX ÎLES KERGUELEN 621 ginale, Sladen ne précise pas que ces plaques disparaissent dans la seconde partie du bras mais indique que chacune d’entre elles porte quatre piquants. Cependant, il ligure un détail du sillon ambulacraire où l’on peut remarquer la présence de cinq à six piquants actinaux en deux rangées, donc, semble-t-il, portés par deux plaques comme nous les avons décrites. Deux différences doivent être relevées par rapport à notre propre description : Sladen décrit et figure des piquants abactinaux courts et arrondis alors que ceux de notre exem¬ plaire sont en outre renflés à leur sommet et munis de petites aspérités ; Sladen note par ailleurs la présence d’un premier piquant marginal ventral, succédant donc immédiatement aux piquants adambulacraires et actinaux, de même type que ceux-ci mais de taille beau¬ coup plus réduite. Nous ne l’avons pas observé. Smilasterias scalprifera n’était pas connue aux îles Kerguelen. Cette Astérie a été récol¬ tée cependant par le « Challenger » aux îles Marion et Heard, entre 90 et 135 m de profondeur, et par Fisher, aux îles Falklands, entre 79 et 267 m. Anasterias perrieri (Smith) Synonymie Asterias perrieri E. A. Smith, 1876 : 106 ; 1879 : 273, pl. 16, iig. 2 ; R. Koehler, 1911 : 26, pl. 1 fig. 1-2. Sporasterias perrieri , R. Koehler, 1917 : 14-20, pl. 2, fig. 1-3, 6-11-13, pl. 4, fig. 14, pl. 9, fig. 3. Pisaster antarcticus R. Koehler, 1917 : 30-33, pl. 9, fig. 5-8, 10, 17. Anasterias perrieri, A. M. Clark, 1962 : 94-96, fig. 17 a. Origines St. 1, 26-XII-1962, nord-est anse du Pacha, par 0,5 m, 1 ex. ; st. 2, 8, 10, 27-X1I-1962, 7 et 9-1-1963, îlot Channer, par 1 à 7 m, 5 ex. ; st. 5, 31-XI1-1962, nord-ouest île Mussel, par 5 à 15 m, vases, 1 ex. ; st. 6, 3-1-1963, pointe Molloy, par 1 m, 1 ex. ; st. 13 a, b, 17, 4 c, 14-1-1963, 23-1-1963, 30-XII-1962, sud-est île du Chat, par 10 à 25 m, 5 ex. ; st. 16 a, 18-1-1963, nord île Ruchanan, par 15 m, 3 ex. ; st. 3 a, 29-XII-1962, mouillage du Camp, par 25 m, 1 ex. ; st. 20 a, 29-1-1963, nord pointe du Harem, par 1 à 4 m, 3 ex. ; st. 22, 31-1-1963, cap Nidder, par 7 m, 2 ex. Les 22 exemplaires, de couleur beige clair à brun, se répartissent dans les limites sui¬ vantes de taille : R = 5 à 83 mm, r = 2 à 20 mm, la majorité d’entre eux ayant entre 20 et 45 mm pour le plus grand rayon, 6 à 12 mm pour le petit. Anasterias perrieri est une espèce endémique littorale, commune de l’archipel de Kerguelen, pouvant descendre jusqu’à 200 m de profondeur. Anasterias rupicola (Verrill) Synonymie Asterias rupicola A. E. Verrill, 1876 : 71-72. Sporasterias rupicola, R. Koehler, 1917 : 9-13, pl. 4, fig. 1, 2, 8, 11, 18, 20-24. Anasterias rupicola, A. M. Clark, 1962 : 96, text-fig. 17 b. Origines St. 1, 29-XII-1962, nord-est anse du Pacha, par 0,5 m, 2 ex. ; st. 6, 3-1-1963, pointe Molloy, 622 GUSTAVE CHERBONNIER ET ALAIN GUILLE par 1 m, 2 ex. ; st. 12, 12-1-1963, points Suzanne, par 1 à 4 m, 2 ex. ; st. 13 a, 14-1-1963, sud-est île du Chat, par 15 m, 2 ex. ; st. 16 a, 18-1-1963, nord île Buchanan, par 15 m, 1 ex. ; st. 20 b, 29-1- 1963, nord points du Harem, par 4 m, 2 ex. ; Kerguelen, date et localisation indéterminées, 5 ex. Les 13 exemplaires, brun clair, sont pour la plupart de taille voisine : 1 : H, 64 ; r, 14 — 2 : R, 49 ; r, 13 — 3 : R, 48 ; r, 12 — 4 : R, 47 ; r, 16 — 5 : R, 45 ; r, 10 — 6 : R, 43 ; r, 13 — 7 : R, 40 ; r, 11 — 8 : R, 40 ; r, 10 — 9 : R, 39 ; r, 12 — 10 : R, 32 ; r, 9 — 11 : R, 28 ; r, 5 — 12 : R, 19 ; r, 6 — 13 : R, 19 ; r, 5. Anasterias rupicola n’est connue jusqu’à présent que du littoral des îles Crozet et Ker¬ guelen, par des profondeurs inférieures à 11 rn. OPH1U RIDES La collection d’Ophiures rapportées par P. Grua présente un intérêt moindre que celle des Astéries. Elle n’est en effet constituée que de quatre espèces déjà bien connues aux îles Kerguelen où elles sont, à des degrés divers, communes. Aucune d’entre elles ne présente de difficultés taxonomiques. Signalons toutefois à propos de la couple d’espèces voisines Ophiuroglypha brevispina-O. ambigua une erreur dans le mémoire synthétique de Koehler (1917) sur les Echinodermes de l’archipel. Koehler figure les peignes radiaires, important critère de distinction de ces deux espèces, en attribuant (pl. 7, fig. 10 et 11) une forme carrée, massive, aux dents des peignes d'O. brevispina et, au contraire, des dents pointues à O. ambigua. Il s’agit d’une inversion comme le prouvent les diagnoses de Ljung- man et Lyman et les figures de ce dernier auteur. Famille Ophiacanthidaf. Ophiacantha vivipara Ljungman Synonymie Ophiacantha vivipara A. V. Ljungman, 1870:471 ; T. Lyman, 1882 : 185-186, pl. 46, fig. 7-9; R. Koehler, 1912 : 138-142, pl. 11, fig. 1, 2, 10. Origines St. 1 c, 8-1-1963, mouillage Port-aux-Français, par 25 à 40 m, 1 ex. ; st. 10, 9-1-1963, nord îlot Channer, par 7 m, 1 ex. ; st. 13 a, b, 14-1-1963, sud-est île du Chat, par 15 m, 9 ex. ; st. 16 a, 18-1-1963, nord île Buchanan, par 15 m, 3 ex. Cette espèce est commune de l’Antarctique littoral, ubiquiste, eurybathe de la zone subantarctique, entre 0 et 1097 m de profondeur. ÉCHINODERMES RÉCOLTES AUX ÎLES KERGUELEN 623 Famille Ophiubidae Ophiuroglypha brevispina (Smith) Synonymie Ophioglypha brevispina E. A. Smith, 1876 : 112 ; R. Koehler, 1917 : 60-61, pl. 7, fîg. 11, pl. 8, fig. 18. Ophiuroglypha brevispina, M. Hertz, 1927 : 89-90, pl. 7, fig. 8, 9. Origines St. 1, 31-XII-1962, Port-aux-Français, vase noire, par 25 m, 2 ex. ; st. 5 a, 3-1-1963, dragage fond d’algues, par 10 à 15 m, 8 ex. ; st. 10, 9-1-1963, nord îlot Channer, par 7 ni, 18 ex. ; st. 13 b, 14-1-1963, sud-est île du Chat, par 15 m, 3 ex. ; st. 16 b, 18-1-1963, nord île Buchanan, par 15 m, 1 ex. ; st. 3 a, 29-1-1963, mouillage du Camp, par 25 m, 2 ex. ; st. 22, 31-1-1963, cap Nidder, par 7 m, 1 ex. Cette espèce est une endémique littorale, commune de l’archipel de Kerguelen, entre 9 et 219 m de profondeur. Ophiuroglypha ambigua (Lyman) Synonymie Ophioglypha ambigua T. Lyman, 1882 : 54, pl. 8, fig. 4, 5 ; R. Koehler, 1917 : 59-60, pl. 7, fig. 5, 10, pl. 8, fig. 4, 5. Ophiuroglypha ambigua, M. Hertz, 1927 : 90. Origines St. 4 c, 30-XII-1962, sud-est île du Chat, par 25 m, 1 ex. Comme O. brevispina, O. ambigua est une endémique littorale de l’archipel de Ker¬ guelen, pratiquement dans les mêmes limites bathymétriques, entre 40 et 219 m de pro¬ fondeur, cependant, semble-t-il, plus rare. Ophionotus hexactis (Smith) Synonymie Ophioglypha hexactis E. A. Smith, 1876 : 3. Ophionotus hexactis, R. Koehler, 1912 : 122-125, pl. 12, fig. 1 ; 1917 : 61-62, pl. 5, fig. 15. Origines St. 1, 31-XII-1962, Port-aux-Français, vases, par 25 m, 1 ex. ; st. 5, 31-XII-1962, nord-ouest île Mussel, par 5 à 15 m, 1 ex. ; st. V a, 3-1-1963, dragage fond d’algues, par 10 à 15 m, 5 ex. ; st. 1 c, 5, 8-1-1963, mouillage Port-aux-Français, par 25 à 40 m, 4 ex. ; st. 10, 9-1-1963, nord îlot Channer, par 7 m, 29 ex. ; st. 11, 11-1-1963, presqu’île après Molloy, par 15 m, 3 ex. ; st. III a, 29-1-1963, mouillage du Camp, par 25 m, 3 ex. ; st. 22, 31-1-1963, cap Nidder, par 7 m, 4 ex. ; Kerguelen, date et localisation indéterminées, 2 ex. Ophionotus hexactis est très commune, littorale, subantarctique des provinces magel- lane et kerguéléenne, entre 0 et 137 m de profondeur. 624 GUSTAVE CHERBONNIER ET ALAIN GUILLE RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES I. Holothurides et Échinides Bell, F. J., 1908. — Echinodermata. National antarct. exp. 1901-1904. Nat. Hist., 4 : 16, 5 pi. London. Rawbin, W. H., 1950. — A Guide to the Holothurians of New Zealand. Tuatara, 3 il) : 33-41, pl. 1-2. Dendy, A., 1896. •— Observations on the Holothurians of New Zealand. J. Linn. Soc., Zoology, 26 : 22-52, pl. 3-7. Heding, Sv., 1935. — Holothurioidea. I. Apoda, Molpadioidea, Gephyrothiroida. The Danish- Exp., IA' (9) : 1-84, 21 fîg., 8 pl., 1 carte. Ludwig, IL, 1898. — Holothurien. ITYs.v. Ergebn. Hamburger Magalh. Samrnelr., 3 : 98, 3 pl. Ludwig, H., et Sv. 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ECHINODERMES RÉCOLTES AUX ÎLES KERGUELEN 625 Fisher, W. K., 1930. — Asteroidea of the North Pacific and adjacent waters. 3. (including antarctic spp.). Bull. U.S. nain. Mus., 76 (3) : 356 p., 96 pl. — 1940. — Asteroidea. « Discovery » Rep., Cambridge, 20 : 69-306, pl. 1-23. Hertz, M., 1927. — Die Ophiuriden. Dt. Südpol.-Exped., 19, Zool., 11 : 1-56, fig. 1-10, pl. 1-9. Koehi.er, R., 1911. — Echinodermes, In : Rallier du Baty, Quinze mois aux îles Kerguelen. Annls Inst. Océanogr., Monaco, Paris, 3 (3) : 26-30, pl. 1. — 1912. — Echinodermes (Astéries, Ophiurides et Ëchinides). Deux. Expéd. Ant. Franç. (1908-1910), Paris : 1-270, 16 pl. — 1917. — Echinodermes recueillis par M. Rallier du Baty aux îles Kerguelen en 1913-14. Annls Inst. Océanogr., Monaco, Paris, 7 (8) : 87 p., 10 pl. — 1920. — Echinodermata Asteroidea. Scient. Rep. Australas. Antarct. Exped., Sér. C, 8 (1) : 1-308, 75 pl. 1923. — Astéries et Ophiures. Further zool. Results Swed. Antarct. Exped., 1 (1) : 1-145, 15 pl. 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Note sur la présence, dans le golfe de Guinée, de l’Holothurie Aspidochirote Stichopus hadionotus Selenka (= St. maculatus Greef) par Gustave Ciierbonnier * La validité de l’espèce décrite par Greef en 1882 sous le nom de Stichopus maculatus, d’après quatre exemplaires récoltés à mer basse près d’un gros écueil basaltique de l’île Rolas, Sao Thomé, n’avait jusqu’ici, faute de matériel, jamais été confirmée. En effet, la diagnose originale est courte, assez imprécise et non accompagnée de la représentation des spiculés. Des auteurs tels que Sluiter (1910), H. L. Clark (1922), E. Deichmann (1930) mettent, avec doute, S. maculatus en synonymie avec S. hadionotus , de la mer des Antilles. Un spécimen d’Holothurie, découvert dans les anciennes collections du Labora¬ toire de Biologie des Invertébrés marins et Malacologie du Muséum, récolté non loin de l’île Sao Thomé, et correspondant avec la description de Greef, va nous permettre de pré¬ ciser qu’il s’agit bien de S. hadionotus. Stichopus hadionotus Selenka (PI. I, A-C ; fig. 1, A-G ; fig. 2, H-Q) Synonymie Stichopus hadionotus Selenka, 1867 : 18, fig. 26. S. haytiensis Semper, 1868 : 75, pl. 30, fig. 5. S. mobii Semper, 1868 : 246, pl. 7, fig. 11. S. errans Ludwig, 1875 : 97. S. diaholi Heilprin, 1888 : 312. S. xanthomela Heilprin, 1888 : 313. S. maculatus Greef, 1888 : 312. Origine : Bata, Congo (devenu Rio Muni), Pobéguin coll., 1891, 1 ex. Description Bien que conservé en alcool depuis plus de trois quarts de siècle, ce spécimen est en parfait état. Il mesure 90 mm de long sur 55 mm de diamètre au milieu du corps. La face dorsale (pl. I, A) est marron grisâtre, parcourue par des bandes transversales marron foncé, de largeur variable ; elle est parsemée de très nombreuses taches blanc jaunâtre ; les radius * Laboratoire de Biologie des Invertébrés marins et Malacologie du Muséum national d'Hisloire natu¬ relle, 55, rue de Buf/on, 75005 Paris. GUSTAVE CHERBONNIER Stichopus badionotus Selcnka (= S. maculalus Grec = éch. 1 ; D, F = éch. 2 ; A, B, C. E == écli. 3. STICHOPUS BADIONOTUS DANS LE GOLFE DE GUINEE 633 dorsaux portent, chacun, deux rangées de papilles de grosseurs différentes, variant de 1,5 mm de diamètre, sans alternance régulière entre elles. La face ventrale, bien plus claire et non marbrée, forme une sorte de sole séparée nettement de la face dorsale par deux rangées de papilles : un rang dorsal de petites papilles blanchâtres d’au plus 3 mm de diamètre ; un rang ventral de très grosses papilles de 5 à 7 mm de haut et de 4 mm de diamètre basal, entre lesquelles s’intercalent des papilles plus petites (pl. I, C). Sur la face ventrale (pl. I, B), les podia, localisés aux radius, y sont disposés sur six à huit rangs très serrés au milieu du corps, sur quatre rangs aux extrémités. Il n’y a pas de podia interradiaires. Les podia sont longs, filiformes, avec une petite ventouse soutenue par un disque calcaire à très nombreuses perforations. La bouche, ventrale, est entourée d’un cercle d’environ vingt-cinq papilles grisâtres, plus longues mais plus minces que les papilles latérales. A l’anus, chaque radius se termine par deux groupes de papilles, trois à quatre grosses, internes, deux à trois plus petites, externes. On dénombre vingt très gros tentacules grisâtres, à ampoules tentaculaires grosses et courtes. Couronne calcaire très calcifiée, massive, à interradiales petites, triangulaires, à radiales larges et hautes, pourvues postérieurement de deux courtes apophyses (fig. 1, G). Une seule vésicule de Poli très grosse, d’environ 30 mm de long. Le très petit canal hydrophore se termine par un madréporite sphérique. Gonades en deux touffes de part et d’autre du mésentère dorsal, formées de très nombreux gros tubes plusieurs fois ramifiés. Muscles longitudinaux bifides, très larges, épais. Poumons de la longueur du corps, portant sur chaque branche un nombre considérable de petits tubules lui donnant un aspect che¬ velu. Rete mirabile très développé. Pas de tubes de Cuvier. Petit cloaque. Anus sans dents. Spiculés : Les spiculés du tégument ventral sont des tourelles à disque basal ondulé, percé d'une douzaine de trous souvent subtriangulaires, à flèche assez basse, à quatre piliers, surmontée d’une large couronne très épineuse et perforée au centre (fig. 2, H, I) ; de nombreuses tourelles, à disque plus large, perforé d’un cercle interne de gros trous, d’un cercle externe de trous bien plus petits, ont leur flèche, toujours à quatre piliers, surmontée d’une couronne encore plus épineuse, parfois presque aussi large que le disque basal (fig. 2, J). On retrouve les mêmes spiculés dans le tégument dorsal avec, en plus, des tourelles deux fois plus importantes (fig. 1, B, E), des tourelles à flèche plus élancée (fig. 1, A) ou dont les piliers présentent quelques aspérités et se terminent, non par une couronne régu¬ lière, mais par quelques épines à pointe mousse (fig. 1, C). Les corpuscules en C sont très rares, généralement localisés à la base des papilles dor¬ sales ; ils sont un peu plus grands que la flèche des tourelles les plus communes des figures H, 1, égaux ou plus petits que celle des tourelles A, C, E (fig. 2, B, Q). La paroi des podia ventraux est soutenue par d’énormes plaques allongées, à larges perforations (fig. 2, M), ou par de pseudo-bâtonnets très élargis sur une partie de leur lon¬ gueur, à bords denticulés (fig. 2, N). En revanche, on ne trouve, dans les papilles dorsales et latérales, que de rares bâtonnets non perforés (fig. 2, O). Ceux des tentacules, également non perforés, ont leurs bords très denticulés (fig. 1, D, F). STICHOPTTS BADIONOTUS DANS LE GOLFE DE GUINÉE 635 Observations La description ci-dessus correspond à celles de Greef pour S. maculatus et des auteurs pour 5. badionotus : même disposition des podia ventraux, des papilles latérales et dorsales, même pigmentation sinon même couleur, vésicule de Poli et canal hydrophore uniques, poumons chevelus, rete mirabile très développé. En ce qui concerne les spiculés, l’unique figure de Selenka est tellement rudimentaire qu’il est difficile de s’y reporter ; ce n’est qu’en 1922 que H. L. Clark, étudiant de très nombreux exemplaires, dont les syntypes de Sei.enka, en donne une bonne figurai ion ; il note en passant que, chez les exemplaires de Selenka, et contrairement aux affirmations de celui-ci, il existe bien fies corpuscules en C ; Deichmann (1930) signale d’ailleurs que ces spiculés sont parfois si rares chez cer¬ tains exemplaires qu’ils peuvent passer inaperçus, alors qu'ils abondent chez d’autres. Ayant, pour ma part, examiné six exemplaires de S. badionotus de la mer des Antilles, j’ai pu constater la parfaite concordance de la forme des spiculés chez S. maculatus et 5. badionotus, sauf ceux représentés sur la figure 1, B, E, qui ne semblent pas exister chez celui-ci ; à part cette absence, peut-être fortuite, l’ensemble des critères permet d’affirmer que S. maculatus doit entrer en synonymie avec S. badionotus, dont la répartition géogra¬ phique s’établit comme suit : mer des Antilles, golfe du Mexique, Floride, Bermudes, golfe de Guinée. RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES Clark, H. L., 1922. — The Holothurians of the genus Stichopus. Bull. Mus. Comp. Zocl. Haro., 65 3) : 39-74, 2 pl. Deichmann, E., 1930. — The Holothurians of the Western Part of the Atlantic Océan. Ibid., 71 3) : 43-226, 24 pl. Greef, R., 1882. — Eehinodermen beobachtet auf einer Reise nacli der Guinea Insel Sao Tomé. Zool. An;.., 5 (107) : 156-159. Hf.ilphin, A.. 1888. — Contribution to the Natural History of the Bermuda Jslands. Proc. Acad, nul. Sc.L Philad., 40 : 302-328. Ludwig, H., 1875. — Beitràge zur Kenntniss der Holothurien. Arli. Zoôl. Inst. Wurzburg, 2 (2) : 77-118, pl. 6-7. Selenka, E., 1867. — Beitriige zur Anatomie und systematik der Holothurien. Z. triss. Zcol., 17 : 291-374, pl. 17-20. Semper, C., 1868. — Reisen im Archipel der Philippinen. II. W’iss. Rcs., 1, Holothurien : 1-228, pl. 1-40. Sluiter, (',. Ph., 1910. —Westindische Holothurien, Erg. Zool. Forsehungsreise nach West-Indien von Kukenthal U.R. Hartmeyer. Zool. Jb. f. Anal. u. Syst., suppl. 11 (2) : 331-341. Tiiéel, 11 j., 1886. — Report on lhe Holothurioidca. Voyage of H.M.S. «Challenger», Zool. pari. II : 1-290, 16 pl. Manuscrit dépose le 8 mai 1974. 636 GUSTAVE CHERBONNIER PLANCHE Stichopus badionotus Selenka (= S. maculatus Greef). A : face dorsale ; B : face ventrale ; C : vue latérale. X 3/4. STICHOPUS BADIONOTUS DANS LE GOLFE DE GUINEE 637 PLANCHE I Achevé d’imprimer le 15 octobre 1975. Sur la présence, à Madagascar, de l’Astérie Mithrodia gigas Mortensen par Gustave Cherbonnier * Résumé. — La découverte de Mithrodia gigas au sud de Madagascar élargit l’aire de répar¬ tition de cette espèce, connue jusqu’ici par un seul spécimen des côtes sud-africaines. De nouvelles observations complètent la diagnose de l’holotype. Abstract. — The species Mithrodia gigas, until now, known by a single specimen, from south-african coats. New observations aeliieve the diagnosis of holotype. En 1935, Mortensen décrivait une Astérie géante, Mithrodia gigas n. sp., d’après un unique exemplaire récolté sur les côtes sud-africaines, à Point Morgan, East London, sur des fonds pierreux, par 45-55 m de profondeur ; l’animal était accroché à l’appât d’une ligne de pêche. Depuis, malgré sa taille, cette espèce n’avait jamais été retrouvée. Le spéci¬ men de Madagascar présentant des particularités non signalées par Mortensen, il m’a semblé utile de le redécrire complètement. Mithrodia gigas Mortensen (Fig. 1, A-1I ; pl. I, A-B ; II, C-E) Synonymie Mithrodia gigas Mortensen, 1935 : 1-4, pl. 1 ; Engel, John et Cherbonnier, 1948 : 37. Origine : Madagascar, sud de Tuléar, 25°45'S-44°34'E, chalutage 50 m, fonds d’algues et de blocs coralligènes, Plante coll., 5-111-1969, 1 ex. Description L’unique exemplaire est de très grande taille ; les cinq bras, quelque peu inégaux, mesurent de 200 à 230 mm de long ; le diamètre du disque n’excède pas 30 mm. Le corps entier est couvert d’une peau, plus épaisse dorsalement que ventralement, contenant de très nombreux petits piquants qui en émergent par leur pointe effilée (pl. I, A). Les bras, très bombés dorsalement, légèrement aplatis ventralement, ont une largeur variant proximalement de 45 à 50 mm ; ils s’amincissent très progressivement et leur lar¬ geur n’est plus que de 30 mm à proximité de la partie distale qui s’effile légèrement pour * Laboratoire de Biologie des Invertébrés marins et Malacologie, Muséum national d'Histoire naturelle, 55, rue de Buffon, 75005, Paris. 640 GUSTAVE CHER H ON IN 1ER Fig. 1. — Mithrodia gigas Mort.ensen. A : piquants adambulacraires du début d’un bras ; B : piquants adambulacraires des 3/4 postérieurs d’un bras ; C : piquant subambulacraire ; D : armature buccale ; E, F : pédicellaires ; G : réseau calcaire partiellement dénudé, et aires porifères ; H : piquants de la face dorsale brachiale. A-D, G, H = éch. 1 ; E, F : éch. 2. se terminer par une assez grosse plaque impaire ; le diamètre moyen des bras est d’environ 35 mm ; leur face dorsale porte de très nombreux petits granules de 1 à 2,5 mm de diamètre, ronds à subcylindriques, couverts de squamules lancéolées de taille décroissante du sommet à la base du granule (fig. 1, H ; pi. II, D). A l’extrémité des bras, ces granules deviennent brusquement plus serrés et plus gros, mesurant jusqu’à 5 mm de diamètre ; ils sont alors plus aplatis, et leur sommet s’orne parfois d’une petite éminence conique (fig. 1, G) ; on retrouve ces gros granules, pareillement localisés, sur la face ventrale (pl. II, E). Tous les granules s’élèvent au centre d’un réseau de baguettes calcaires inégales et de formes diverses, disposées souvent en étoile (pl. II, D). Les aires populaires, aussi bien dorsales que ventrales, sont incluses entre les mailles de ce réseau ; elles sont disposées sans MITHRODIA GIGAS À MADAGASCAR 641 ordre régulier, bien séparées et triangulaires, ou confluentes, sans formes bien définies (fig. 1, G). Les petits granules deviennent plus nombreux et serrés sur les faces latérales des bras (pl. II, C), surtout sur la face ventrale où ils s’allongent progressivement, deviennent cylin¬ driques, pour atteindre leur plus grande taille chez les piquants subambulacraires — un seul par plaque — qui mesurent 6 mm de long sur 2 mm de diamètre, et dont les squamules supérieures se transforment rapidement en granules serrés (fig. 1, C). Les piquants subambulacraires forment une bordure très nette tout le long de la gout¬ tière du bras (pl. I, B) ; ils s’inclinent au-dessus des podia, cachant ainsi les piquants adam- bulacraires. Ceux-ci forment des peignes en arc de cercle. Chaque peigne du début des bras se compose de 11 piquants de taille croissante depuis le plus externe, très petit et pointu, jusqu’au médian, très large, à sommet pourvu de granules disposés en grappe (fig. 1, A) ; à l'extrémité des bras, chaque peigne n’a plus que 6 à 8 piquants dont le médian s’orne d’un bouquet terminal de granules qui s’incurve et s’incline vers l’intérieur du sillon ambula- craire, comme le ferait un poing fermé au-dessus du poignet (fig. 1, B). Les piquants de tous les peignes sont recouverts d’une membrane sur les deux tiers de leur longueur à partir de la base. Des pédicellaires se trouvent parfois à la base de la face interne des piquants subam¬ bulacraires ; ils sont formés soit de 5 à 6 piquants droits, dressés parallèlement (fig. 1, E), soit de 4 à 5 piquants légèrement incurvés, formant une sorte de pince (fig. 1, F). Il n’existe aucun autre pédicellaire sur le reste du corps. L’armature buccale se compose de piquants de même forme et de même taille que les piquants subambulacraires, mais revêtus de fortes squamules. Le deuxième piquant che¬ vauche le plus interne ; ils sont suivis par deux piquants accolés, puis par quatre piquants disposés sur une même ligne transversale (fig. 1, D). Le madréporite, de 5 mm de diamètre, est situé à peu près à égale distance du centre et du bord du disque, mais n’est pas recouvert par les granules qui l’entourent. Rapports et différences Le genre Mithrodia renferme actuellement cinq espèces : M. clavigera (Lamarck), répandue dans tout l’Indo-Pacifique, caractérisée par de longues épines, pointues à cylin¬ driques, la plupart formant une double bordure sur le côté des bras ; M. victoriae Bell, des côtes brésiliennes, ne différant de clavigera que par des piquants actinaux moins nom¬ breux et plus irrégulièrement disposés, n’en est peut-être qu’une race géographique ; M. bradleyi Verrill, des côtes ouest d’Amérique centrale, à mailles du réseau calcaire bien plus petites que celles de deux espèces précédentes, est pourvue de nombreux pédicellaires situés sur le bord externe des plaques adambulacraires et dans les aires papulaires dorsales ; M. fisheri lîolly, des îles Llawaii, Philippines et Indonésiennes, forme trapue à bras cylin¬ driques effilés au sommet, à courtes épines coniques à pointe mousse, à réseau calcaire constitué de mailles très denses et dont les aires papulaires sont généralement cachées par une tuberculation très fournie. C’est surtout des grands exemplaires de cette dernière espèce (R = 250 mm) que se rapproche le plus M. gigas, sans pourtant lui être identique. 642 GUSTAVE CHERBONNIER L’exemplaire de Madagascar est entièrement décoloré. Celui de Mortensen avait, sur le vivant, la face dorsale rose pourpre avec l’extrémité des bras rouge cannelle, la face ventrale jaune pâle, les podia blanchâtres. RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES Engel, H., H. Dilwyn John et G. Cherbonnier, 1948. — The genus Mithrodia Gray, 1840. Zool. Verhandel. Rijksmus. Natuurl. Histor. Leiden, 2 : 3-37, 12 fi g., 8 pl. Mortensen, Th., 1935. — A new giant Sea-star, Mithrodia gigas n. sp., from South Africa. Ann. South Afric. Mus., 32 : 1-4, 1 pl. Manuscrit déposé le 23 octobre 1974. PLANCHE I Mithrodia gigas Mortensen. A : face dorsale partielle, avec un bras retourné exposant sa face ventrale ; B : partie proximale de la face ventrale d’un bras. A = X 1 /3 ; B = grandeur nature. PLANCHE I 644 GUSTAVE CHERBONIVIER PLANCHE II Mithrodia gigas Mortensen. C : partie proximale de la face latérale d'un bras ; D : extrémité dorsale d’un bras montrant la disposition des gros granules ; E : extrémité latérale d’un bras, montrant à la fois les gros granules dorsaux et ventraux. C-E — grandeur nature. '-V.' ~r«-%V PLANCHE II IMPRIMERIE Achevé d'imprimer le 15 octobre 1975 . NATIONALE 5 564 002 5 Recommandations aux auteurs Les articles à publier doivent être adressés directement au Secrétariat du Bulletin du Muséum national d'Histoire naturelle, 57, rue Cuvier, 75005 Paris. Ils seront accompa¬ gnés d’un résumé en une ou plusieurs langues. L’adresse du Laboratoire dans lequel le travail a été effectué figurera sur la première page, en note infrapaginale. Le texte doit être dactylographié à double interligne, avec une marge suffisante, recto seulement. Pas de mots en majuscules, pas de soulignages (à l’exception des noms de genres et d’espèces soulignés d’un trait). Il convient de numéroter les tableaux et de leur donner un titre ; les tableaux compliqués devront être préparés de façon à pouvoir être clichés comme une figure. Les références bibliographiques apparaîtront selon les modèles suivants : Bauchot, M.-L., J. Daget, J.-C. Hureau et Th. Monod, 1970. — Le problème des « auteurs secondaires » en taxionomie. Bull. Mus. Hist. nat., Paris, 2 e sér., 42 (2) : 301-304. Tinbergen, N., 1952. — The study of instinct. Oxford, Clarendon Press, 228 p. Les dessins et cartes doivent être faits sur bristol blanc ou calque, à l’encre de chine. Envoyer les originaux. Les photographies seront le plus nettes possible, sur papier brillant, et normalement contrastées. L’emplacement des figures sera indiqué dans la marge et les légendes seront regroupées à la fin du texte, sur un feuillet séparé. Un auteur ne pourra publier plus de 100 pages imprimées par an dans le Bulletin, en une ou plusieurs fois. Une seule épreuve sera envoyée à l’auteur qui devra la retourner dans les quatre jours au Secrétariat, avec son manuscrit. Les « corrections d’auteurs » (modifications ou addi¬ tions de texte) trop nombreuses, et non justifiées par une information de dernière heure, pourront être facturées aux auteurs. Ceux-ci recevront gratuitement 50 exemplaires imprimés de leur travail. Ils pourront obtenir à leur frais des fascicules supplémentaires en s’adressant à la Bibliothèque cen¬ trale du Muséum : 38, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris.